On en sait un peu plus depuis hier sur les hauts salaires de la fonction publique. Pour faire partie des 1 % les mieux payés, il faut percevoir ....

Les hautes rémunérations dans la Fonction publique ont été détaillées par l'INSEE
Les hautes rémunérations dans la Fonction publique ont été détaillées par l'INSEE © Maxppp / Aurelien Morissard

Vous vous en souvenez, ce sujet a eu son petit quart d’heure de célébrité début janvier avec la rémunération de Chantal Jouanno et il est aussi évoqué par les Gilets Jaunes comme dans le Grand débat. Et il faut bien dire qu’on ne savait jusqu’à maintenant pas grand-chose. 

Eh bien, l’Insee lève un coin du voile et on a désormais une photographie fort instructive. Je m’adresse aux fonctionnaires qui nous écoutent, mais cela intéresse tout le monde je pense. 

Si en 2016 vous perceviez plus de 1.980 euros nets tout compris par mois, vous étiez dans la moitié des fonctionnaires la mieux payée. 

Avec 3.260 euros par mois, vous apparteniez aux 10% les mieux payés. 

Avec 6.410 euros, vous entriez dans la catégorie des 1%. 

Et enfin, avec 9.600 euros par mois, vous étiez dans le millième tout en haut, moins de 5.000 personnes au total sur cinq millions. 

Ce que l’on apprend plus précisément encore est que c’est la fonction publique hospitalière où l’on trouve le plus de monde appartenant au « 1% » envié, et d’abord des médecins, les PH, praticiens hospitaliers, et des directeurs d’hôpitaux. La fonction publique d’Etat vient ensuite, et il faut dire qu’il n’y a quasiment pas de hautes rémunérations dans la territoriale. Au sein de l’Etat, ce sont les ambassadeurs qui sont tout au-dessus du panier, avec un revenu mensuel net de quasiment 14.000 euros, et cela peut être plus dans des pays dangereux. 

Les patrons d’administration, eux, gagnent 10.500 euros y compris quand ils dirigent des dizaines de milliers d’agents et ont des fonctions absolument vitales pour l’Etat. Si on donne cette précision, c’est qu’il faut savoir que ce type de revenu est élevé par rapport à la moyenne des fonctionnaires -ou au fonctionnaire moyen- mais très très inférieur à ce qui se fait dans le secteur privé à responsabilité comparable. 

D’une manière générale, les 1% les mieux payé dans les entreprises gagne 30% de plus que son équivalent du public.

Quelles conclusions en tirer ?

On peut juste retenir que les très hauts salaires nets de la fonction publique sont en France un peu en dessous de ce qu’ils sont en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni. Mais que la transparence n’est pas encore totale parce que l’on ne sait pas jusqu’où cela monte et pour qui. Le plus incroyable est donc que l’Etat a imposé la transparence aux entreprises à qui il donne beaucoup de leçons, mais qu’il s’en exonère pour lui-même. Disons-le : c’est anormal.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.