françois hollande récolte les fruits du tournant social-démocrate aux pays-bas
françois hollande récolte les fruits du tournant social-démocrate aux pays-bas © reuters
**[Le 14 janvier, François Hollande annonçait une baisse des cotisations sociales payées par les entreprises d’ici 2017](http://www.franceinter.fr/depeche-conference-de-presse-de-hollande-ce-quil-faut-retenir). Hier, il a promis une amorce dès 2015 et son entourage a parlé d’un geste fiscal pour les ménages en plus. Que se passe-t-il ?** Vous avez raison de poser la question comme cela : que s’est-t-il passé pour qu’il y ait un tel changement de pied si vite ? Les deux derniers budgets débordaient de hausses d’impôt en tous genres pour réduire des déficits dont on ne dit plus un mot aujourd’hui et c’était au nom de la justice (fiscale). Que s’est-il passé pour que les baisses d’impôt redeviennent à la mode et que le redressement des entreprises devienne une cause de salut public ? Bien sûr, me souffle André, l’exécutif pense aux échéances électorales... Mais il y a une autre hypothèse. **Laquelle ?** Une inquiétude, peut-être une petite panique, sur la situation de la conjoncture économique. Ce qui fait penser à cette hypothèse, ce sont les prévisions pour cette année publiées hier par le Fonds monétaire international. Quand on les regarde de près, on s’aperçoit que la France est plus proche des pays du Sud que du Nord. La croissance attendue aux Etats-Unis ? 2,8%. En Allemagne ? 1,6%. En Grande-Bretagne ? 2,4%. [Et pour la France, la prévision est de 0,9%,](http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=vueensemble.htm) à peine plus que l’Espagne et l’Italie, et moins que la moyenne des dix-huit pays de la zone euro. Je peux vous dire aussi que quand on demande à des assemblées de dizaines ou centaines de patrons d’entreprises, comme je l’ai fait ces derniers jours à Lyon et Amiens, de lever la main pour dire s’ils voient la reprise, des mains il n’y a hélas pas beaucoup qui se dressent. **François Hollande veut donc en urgence créer de la confiance. Est-ce que cela peut marcher ?** On l’a dit ici : on l’espère et c’est vrai que l’économie -c’est bizarre mais c’est comme ça-, c’est aussi de la psychologie. Et les réactions aux annonces du président sont bonnes. Mais le problème est que quand on parle avec des entreprises de terrain, on voit tout de suite qu’elles ont entendu autre chose que ce qu’il a dit. Et donc que le risque de déception est très élevé, et donc de boomerang. Les entreprises s’attendent à ce que les cotisations patronales diminuent de 30 milliards d’euros, pas de 30 milliards desquels on soustraira les 20 milliards du crédit d’impôt compétitivité, c’est-à-dire au final 10 ou un peu plus et quelques zakouskis. Le Medef, la CGPME, calculent, négocient. Mais sur le terrain, on espère quelque chose de conséquent. Même chose du côté des ménages : faire miroiter des allégements d’impôt alors qu’on en a pas les moyens, c’est risquer de gâcher les bonnes annonces de la semaine dernière. **Dix milliards de plus pour les entreprises, ce n’est pas rien quand même !** Oui et on a entendu Arnaud Montebourg [exiger qu’en échange de ces dix milliards, les entreprises créent deux millions d’emplois](http://www.rtl.fr/actualites/info/politique/article/pacte-de-responsabilite-1-million-d-emplois-ca-nous-parait-faible-dit-arnaud-montebourg-7768976088). Ben voyons ! 10 milliards, cela représente moins de 1% des dépenses publiques, si son calcul était juste, on se demande vraiment pourquoi on ne l’a pas fait avant ! ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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