Emmanuel Macron va (donc) réunir 140 chefs d’entreprise étrangers à Versailles aujourd’hui.

Emmanuel Macron entouré de 140 dirigeants d'entreprise à Versailles lors sur sommet "Choose France" ("choisir la France")
Emmanuel Macron entouré de 140 dirigeants d'entreprise à Versailles lors sur sommet "Choose France" ("choisir la France") © AFP / Thibault Camus

Oui, c’est la troisième fois, après l’invitation de Donald Trump le 14 juillet à Paris et le mini-sommet sur le Climat fin 2017, qu’il créé un événement pour « faire de l’image » et s’affirmer sur la scène internationale. Cette idée de proposer à 140 patrons étrangers de faire un stop à Versailles sur la route de Davos pour les inviter à investir ici est originale et c’est plutôt malin. 

On le sait depuis vendredi, un investissement de 400 millions d’euros est annoncé par Toyota à son usine de Onnaing, près de Valenciennes, et la patronne de Facebook prendra elle aussi un engagement, celui de doubler la taille de son laboratoire parisien sur l’intelligence artificielle. 

Alors, est-ce utile de dérouler le tapis rouge à Versailles ? Bien sûr, attirer des entreprises internationales crée des emplois et de l’activité. Mais en réalité la France se situe déjà à un niveau élevé pour l’investissement direct étranger sur son sol, 46 milliards d’euros rien qu’en 2017, soit trois fois plus que la moyenne des trois années précédentes. Quatre fois plus qu’en Allemagne ! General Electric qui rachète Alstom Energie, Technip qui fusionne avec un américain, les exemples sont nombreux : l’image internationale de la France est suffisamment bonne pour que des étrangers veuillent y investir ou y faire de bonnes affaires.

Ce n’est pas forcément le sujet numéro un … ?

La vraie question est aussi de savoir pourquoi il n’y a pas assez d’investisseurs français dans l’industrie ou les services, pourquoi les capitaux et l’épargne tricolores s’orientent davantage vers les placements sans risque (l’assurance-vie) que vers les entreprises, les PME. La réponse, entre autres, est culturelle et fiscale - jusqu'à maintenant. 

La seconde question est plus large encore : pourquoi les investisseurs étrangers ont-ils une si bonne image de la France alors que nous (collectivement) en avons une aussi mauvaise de nous-même et de notre économie ? Exemple : Renault-Nissan-Mitsubishi est devenu numéro un mondial de l’automobile (hors poids lourds), mais honnêtement cela n’a intéressé personne ou presque. 

Certains Français détestent notre système économique, plus qu’ailleurs, et au total il y a peu de fierté sur nos réussites – et nos échecs comme sur le chômage ne sont pas la seule explication. Alors, pourquoi et comment faire pour changer cela ? Je transmets la patate chaude de cette interrogation à Léa et son invitée .

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