La liste des sites nucléaires qui seront concernés par l'arrêt d'une dizaine de réacteurs entre 2025 et 2035 vient d'être publiée. La méthode du gouvernement est confirmée : les petits pas. L'exemple allemand invite à ne pas mélanger les sujets nucléaire et climatique.

La centrale de Tricastin, dans la Drôme
La centrale de Tricastin, dans la Drôme © AFP / Tripelon Jarry

Le futur paysage électrique de la France s'est précisé ces derniers jours 

1 - On connaît depuis hier les sept sites sur lesquels des réacteurs nucléaires seront a priori fermés entre 2025 et 2035. Donnons les noms, incertains ou même inconnus jusqu’ici : Blayais (en Gironde), Bugey (dans l’Ain), Chinon (entre Saumur et Tours), Cruas (en Ardèche), Dampierre (dans le Loiret), Gravelines (près de Dunkerque) et Tricastin (près de Montélimar).  

Précisons que comme il y a à chaque fois plusieurs réacteurs au même endroit, aucun site ne sera totalement dénucléarisé. 

Au total, 14 réacteurs sont visés. C’est le premier tournant majeur. 

2 - Par ailleurs, on sait qu’une 1ère tranche de Fessenheim fermera le 22 février (et non le 1er comme indiqué par erreur à l'oral). 

3 - Enfin, on connaît désormais le calendrier de l’arrêt des quatre centrales à charbon : deux en 2021-2022, Le Havre et Saint-Avold, les deux autres tourneront très au ralenti ensuite, Cordemais et Gardanne. 

Au total, le paysage électrique de demain se dessine : plus du tout de charbon, moins de nucléaire, davantage d’énergies renouvelables et de gaz. 

Au total surtout, la stratégie du gouvernement se confirme : des petits pas plutôt qu’un grand saut. La part du nucléaire sera ramené de 72% aujourd’hui de la production électrique à 50% en quinze ans, tandis que la part des renouvelables doit passer de 21 à 40% en dix ans. 

Avantage de cet agenda étalé : il donne le temps d’épuiser des vieilles centrales très amorties et de voir baisser encore le prix de l’éolien et du solaire. Mais cela reste très ambitieux : pour remplacer une seule centrale nucléaire, il faut des milliers d’éoliennes comme on en voit quand on traverse le pays. 

Conclusion ? 

C’est qu’il est nécessaire d’investir dans les énergies nouvelles, mais qu’il faut avoir conscience que les besoins en électricité, même avec toutes les économies d’énergies à faire, ces besoins vont rester gigantesques avec les voitures électriques. 

Tout cela veut dire aussi que la confusion entre deux sujets, l’avenir d’un nucléaire devenu cher mais décarboné d’un côté, et la lutte pour le climat de l’autre, cette confusion embrouille tout. 

Pour mémoire, l’Allemagne fermera, elle, ses dernières centrales à charbon en … 2038 (tout en ayant développé de façon spectaculaire les renouvelables) et une étude publiée par les universités américaines de Berkeley et Santa Barbara montre que la décision précipitée de sortir du nucléaire après 2011 et de le remplacer immédiatement par le charbon aurait causé la mort de 1.000 personnes chaque année chez nos voisins.

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