Plan d’urgence pour sauver les éleveurs en crise. On aura les détails tout à l’heure après le Conseil des ministres. Est-ce que ça va régler le problème ?

Comme les éleveurs souffrent, le gouvernement va leur donner un comprimé de paracétamol, ou une petite dose de morphine pour calmer leur souffrance. En ciblant ceux qui ont le plus mal, les jeunes, souvent très endettés.

Ces médicaments bien connus, qui prennent la forme d’allégement ou de report de charges sociales et financières, vont soulager. Mais ils ne vont pas guérir, car le mal est profond. Si des mesures à plus long terme seront utiles, comme un soutien à l’export, elles ne suffiront pas à traiter la maladie.

D’où vient cette crise ?

Les racines sont nombreuses et je vous propose de les classer avec nos vieux amis Offre et Demande.

Commençons par la demande. Ici, c’est simple : ça baisse. Les Français mangent de moins en moins de viande. Pas seulement parce qu’ils ont moins d’argent. Ils gardent la mémoire des scandales, et ils ont aussi d’excellents motifs qui relève de l'écologie et la diététique – même si je tiens à affirmer que je ne régale d'entrecôte et plus encore de jambon de mon beau-frère Vincent.

A l’étranger, la tendance est aussi à la baisse. Les Italiens, autrefois gros clients de la France, achètent moins et moins cher, et donc à d’autres pays. Les Russes, frappés par un embargo, n’ont plus le droit d’acheter nos cochons. Les Chinois, eux, ont brutalement cessé de boire toujours plus de lait.

La demande, donc, recule partout. Qu’est-ce qui se passe pour l’offre ?

Exactement l’inverse. Ca monte !

Avec la fin des quotas laitiers, les producteurs de toute l’Europe se sont mis à vouloir faire plus de lait. Ils ont donc acheté de jeunes vaches très productives et envoyées les vieilles à l’abattoir, où elles ont gonflé la production de viande. Les quantités de lait et de viande bovine sont donc à la hausse. Ca, c’est vrai sur tout le Continent. Demande faible et production forte égale prix déprimés.

La France en rajoute côté problèmes. J’en citerai trois.

Un : les cotisations sociales élevées augmentent les coûts, en particulier dans toute la filière de traitement des produits agricoles.

Deux : les abattoirs, très difficiles à fermer quand ils ne sont pas en faillite, sont du coup vieillots et peu efficaces.

Trois : la qualité n’est pas assez souvent mise en avant, contrairement à ce que font par exemple les Irlandais avec leur bœuf Angus.

Comment sortir d’une crise pareille ?

Il n’y a qu’une solution, celle qui est mise en œuvre dans les pays qui échappent à cette crise : tout le monde doit avancer, et avancer dans la même direction.

Le gouvernement bien sûr qui doit fixer le cap à long terme et agir en conséquence, mais aussi les distributeurs qui doivent tenir leurs engagements, les industriels qui doivent se moderniser, et aussi les éleveurs, qui doivent devenir plus efficaces, mieux s’organiser, penser à la vente.

Reste à savoir si les descendants des Gaulois peuvent agir, comme on le scande dans les manifs, « Tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais ».

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