La conférence de Bretton Woods, en juillet 1944, créait un système de changes stables, le FMI, la Banque mondiale et posait le principe d’une organisation internationale du commerce. Et aujourd'hui, le président américain lui tourne définitivement le dos, en s’attaquant au taux de change après le commerce.

Le sénateur Elmer Thomas présentant des billets de devises étrangères lors des audiences sur les accords de Bretton Woods
Le sénateur Elmer Thomas présentant des billets de devises étrangères lors des audiences sur les accords de Bretton Woods © Getty / Thomas D. McAvoy

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Bretton Woods. Certains auditeurs se souviennent peut-être d’en avoir entendu parler pendant leur cours d’histoire.

Nous sommes en juillet 1944, il y a exactement soixante-quinze ans. Le débarquement a eu lieu sur les côtes de Normandie, mais la guerre n’est pas finie. Et pourtant, les représentants de quarante-quatre pays se réunissent dans un hôtel du New Hampshire, aux Etats-Unis, pour jeter les bases du nouvel ordre économique et financier mondial. 

Il y a du beau linge, comme l’économiste anglais John Maynard Keynes, et côté français Pierre Mendès France. La conférence s’achève le 22 juillet, après trois semaines de bras de fer entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Elle crée un système de changes stables, le FMI, la Banque mondiale et pose le principe d’une organisation internationale du commerce. 

Quel rapport avec Donald Trump ? 

C’est que le président américain tourne définitivement le dos à Bretton Woods. 

Alors bien sûr, depuis soixante-quinze ans, rien n’a marché comme prévu lors de la conférence. 

Les taux de change ont tout de même valsé ; le FMI n’a pas pu empêcher des crises de balances des paiements alors qu’il avait été créé pour ça ; la Banque mondiale a eu du mal à financer le développement des pays pauvres, d’où le lancement du plan Marshall peu après. 

Mais l’origine de la conférence, c’était la volonté d’éviter le retour de l’égoïsme monétaire des années 1930. Ça, on y était à peu près arrivé. 

Et c’est justement ce que veut casser Donald Trump, qui s’attaque au taux de change après le commerce. 

D’où vient cette rupture ? 

D’abord, nous avons oublié les dégâts de la guerre monétaire des années 1930. C’est humain. 

Ensuite, comme dans les années 1930, nous avons du mal à nous remettre d’une terrible crise financière et ça fait monter les nationalismes et les populismes. 

Enfin et peut-être surtout, l’ordre mondial de Bretton Woods était en réalité un ordre américain. Il y a soixante-quinze ans, l’économie des Etats-Unis dominait le monde sans partage. Depuis, tout a changé. L’Europe puis la Chine sont montées en puissance. L’Amérique cherche désormais à se protéger, par tous les moyens. 

Pour le monde, c’est un formidable défi. Bretton Woods, c’était un ordre américain, mais c’était aussi un chemin vers la paix. Nous devrons trouver un autre chemin, vers un ordre multinational, tout en préservant la paix. Le succès n’est hélas pas garanti.  

Signature de l'ambassadeur de Chine aux Accords de Bretton Woods
Signature de l'ambassadeur de Chine aux Accords de Bretton Woods © Getty / George Skadding
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