Au-delà des opérations de communication des grands laboratoires, des essais cliniques avancés démarrent un peu partout dans le monde. Face aux dégâts économique du Covid, le coût du vaccin est un point presque secondaire.

Un chercheur travaille sur le vaccin contre le Covid-19, à Belo Horizonte, Brésil mars 2020
Un chercheur travaille sur le vaccin contre le Covid-19, à Belo Horizonte, Brésil mars 2020 © AFP / DOUGLAS MAGNO

Ce sont les espoirs et les progrès sur ces projets de vaccin qui font monter les marchés boursiers ces derniers jours. Nos esprits suspicieux se demandent légitimement si les laboratoires pharmaceutiques ne communiquent pas beaucoup ces jours-ci pour, justement, faire monter leurs cours de bourse. Peut-être, mais 1- communication ne veut pas forcément dire mensonge  2-il faut bien communiquer pour obtenir les financements nécessaires à la recherche et 3- la concurrence qui s’intensifie est une bonne chose. 

Où en est-on aujourd’hui ?

1- Hier soir, on a appris que 9.000 Brésiliens commencent à tester le vaccin chinois Coronavac du laboratoire Sinovac Biotech. 

2- Hier après-midi, on a entendu que le groupe anglo-suédois AstraZeneca, qui s’appuie sur les recherches d’Oxford, a déjà vacciné 10.000 personnes au Royaume-Uni et vise 60.000 personnes dans le monde d’ici l’automne. Les premiers résultats sont prometteurs. 

3- Quant à elle, la biotech américaine Moderna démarrera lundi prochain ses propres essais sur 30.000 personnes. 

L’Américain Pfizer, le britannique GSK, le français Sanofi, l’Institut Pasteur, d’autres Chinois et bien d’autres avancent eux aussi. Pourquoi lister ainsi les travaux en cours ? Pour montrer qu’il y a une vraie ébullition autour des vaccins. 

Bien sûr, il faut être prudent. 

1- En règle générale, quand un vaccin aboutit, c’est parce qu’il y a eu avant 5 candidats à peu près efficaces, 10 à peu près sûrs et 100 recherches. Vous voyez la sélection, et on sait que personne n’a jamais encore trouvé de vaccin contre le Sida. 

Seconde prudence, sur le calendrier : les laboratoires promettent des résultats entre l’automne et la mi-2021, mais aucun de ses dirigeants ne parierait j2- e pense la tête de ses enfants sur ce calendrier.

L’enjeu financier est considérable, non ?

Bien sûr. Le prix à l’unité de ce vaccin ne sera pas forcément onéreux, AstraZeneca parle par exemple de deux euros et demi, mais on parle de milliards de doses. 

Attention, en face, les dépenses sont très élevées : la recherche, les essais cliniques et la production. Tous, les laboratoires commencent déjà à produire partout dans le monde, et voilà il faudra détruire les stocks si on s’aperçoit que les tests ne marchent pas. 

En réalité, le débat sur la vente à prix coûtant ou pas du vaccin est d’une parfaite naïveté. L’Europe, les Etats-Unis, le Royaume-Uni avancent ou donnent à certains industriels beaucoup d’argent, et ce sont les contribuables qui paient déjà. 

Il faudra faire des comptes, mais pour cela il faut avoir en tête que l’économie mondiale va perdre 12.500 milliards de dollars en 2020 et 2021 (selon le FMI) et que face à cela l’urgence est de trouver et diffuser un vaccin presque quoi qu’il en coûte. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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