Les Echos publient un grand sondage sur ce que pensent les Français de leur… logement.

Oui, et la réponse est surprenante et intéressante. Neuf Français sur dix à qui l’institut Elabe a posé la question « actuellement, êtes-vous satisfaits de votre logement ? », 9 sur 10 ont répondu oui. Le résultat est si massif qu’il balaie les réserves méthodologiques que l’on peut parfois avoir. Ce résultat, bien sûr, est paradoxal parce qu’on a l’impression que tout va mal et que les témoignages sur les difficultés à se loger sont nombreux. Autre élément : plus de six sondés sur dix estiment que la proportion de leurs revenus qu’ils consacrent à leur logement est acceptable.

Qu’est-ce qui peut expliquer ce sentiment positif ?

C’est je crois que les Français ont la mémoire longue et que notre regard, ici à Paris, est biaisé. La mémoire longue : ils constatent, et ils le disent, qu’ils vivent dans des conditions meilleures que leurs parents, le confort de leur logement, sa surface – la surface moyenne a effectivement augmenté tandis que la taille des familles a diminué. Les propriétaires, quant à eux, majoritaires en France, ont vu les prix de leur bien augmenter, donc leur patrimoine. Mais aussi, je le disais, notre regard parisien est biaisé : il est plus facile et moins cher, souvent, de se loger en régions.

Mais tout ne va pas bien quand même !

Non, on sait qu’il faut regarder les 10% de Français pour qui ça ne va pas ou pas du tout, et les associations -Secours populaire, secours catholique etc.- en témoignent souvent. Mais il y a une catégorie particulière de Français pour qui ça ne va pas et qu’on entend peu parce qu’ils ne pèsent pas assez dans les sondages. Ce sont les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et les jeunes familles qui sont véritablement exclues de l’accès à la propriété ou qui consacrent une part trop élevée de leurs revenus à leur loyer. Le prix d’une maison, c’est dix ans du revenu moyen français, deux fois plus qu’il y a trente ans ; le prix d’un grand trois-pièces à Paris, c’est vingt-trois ans de revenus, là aussi presque le double. A tous les niveaux de l’échelle sociale, les jeunes sont exclus et désespérés. Et il est invraisemblable que cela ne soit pas un sujet central du débat économique et politique.

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