Le parti Les Républicains se déchire sur la hausse du salaire minimum.

C’est assez inattendu. Le niveau du Smic fait l’objet de débats récurrents, mais à droite, traditionnellement, on insiste plutôt sur ses effets négatifs pour l’emploi. Alors je ne vais pas tenter d’expliciter la perte de boussole économique des Républicains – qui désarçonne tant Thomas Legrand – mais plutôt répondre à deux questions : quelles seraient les conséquences d’une forte hausse du Smic, et surtout quelle alternative pour le pouvoir d’achat ?

Sur l’impact économique, le groupe d’experts qui conseille le gouvernement le rappelle chaque année : tout coup de pouce au salaire minimum détruirait des emplois. A cela, plusieurs raisons. Le niveau du Smic est relativement élevé par rapport à nos voisins, et l’écart avec le salaire moyen, lui, est moindre. Deuxième écueil : les gains de productivité sont trop faibles depuis la crise.

Le groupe d’experts a même fait polémique en suggérant de réduire l’indexation du Smic. Le gouvernement n’a pas donné suite. 

Ça ne veut pas dire qu’une forte hausse du salaire minimum est mauvaise partout : au Royaume-Uni par exemple, on n’observe pas d’effets négatifs sur l’emploi, parce que le pays part de plus loin et parce que le Smic est plus faible pour les jeunes.

Et quelles solutions, alors, pour le pouvoir d’achat ?

D’abord, favoriser les évolutions de carrières pour ne pas rester scotché au Smic. Mais c’est un combat de longue haleine. En attendant, Valérie Pécresse a proposé hier de supprimer les cotisations salariales au Smic. La différence entre net et brut, c’est un peu plus de 20 %. Le problème, c’est que François Hollande a essayé, mais le Conseil constitutionnel a mis son veto, au nom du principe d’égalité. Voilà pourquoi la prime d’activité a été créée. Une prime qu’Emmanuel Macron a promis d’augmenter de 80 euros par mois. Elle est jugée plus efficace pour lutter contre la pauvreté qu’une hausse du Smic.

Avec un inconvénient toutefois : le coût est très élevé pour l’Etat, comme l’a pointé Bercy.

Une autre option, plus large, va revenir dans le débat : la défiscalisation des heures supplémentaires, supprimée sous Hollande. Le gouvernement veut la rétablir en 2020, malgré les doutes des économistes sur son efficacité. Qu’en diront Les Républicains ? Mystère.

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