Les milieux économiques auraient tort de tomber à bras raccourcis sur les propositions des 150 Français Les solutions classiques (la technologie, taxe carbone intérieure et aux frontières) n'ont pas fait leurs preuves ou n'ont pas été mises en oeuvre.

Octobre 2019, Convention Citoyenne pour le Climat
Octobre 2019, Convention Citoyenne pour le Climat © AFP / Ian Langsdon

La convention citoyenne sur le climat a donc rendu ses travaux ce dimanche et la tentation est forte dans les milieux économiques de dire :

  • Il y a beaucoup de grand n’importe quoi dans le résultat de ces travaux. 
  • Ce n’est pas le moment de parler du climat avec une récession de 10% et le chômage qui arrive. 
  • C’est irréaliste et décroissant. 
  • Les 150 citoyens ont oublié de reconnaître que le nucléaire a du bon et qu’une taxe carbone est le levier le plus efficace pour augmenter le prix des biens et services qui dégagent du CO2. 

La tentation est forte de dire tout cela. Mais les milieux économiques auraient tort d’y céder. 

- Certes, la convention a failli voter les 28 heures par semaine payées 35 qui tueraient des millions d’entreprises. Certes elle part en guerre contre les OGM qui n’ont rien à voir avec le climat. Certes elle veut interdire de simplement flécher les centres commerciaux, ce qui est ridicule. Certes, rien de tout cela n'est chiffré (quels effets sur les émissions de CO2 des mesures proposées, quels coûts ?)

Mais les milieux économiques auraient tort de se moquer à cause de ceci : le mur du réchauffement est bel et bien là (il y a des indicateurs qui tombent tous les jours), et les progrès technologiques apportent des solutions (vraiment) mais pas toutes et pas assez vite. Il faut donc changer quelques éléments de nos modes de vie. Enfin, les plus de 40 ans n’entendent pas ce que ressentent les moins de 40 ans. 

Et concrètement ?

Concrètement, dans les propositions, beaucoup ne font en réalité que durcir ce qui existe déjà (isolation thermique, normes de pollutions des voitures, disparition du plastique, interdiction des terrasses chauffées etc.) et ces propositions -qui ne  sont que des propositions- ont la vertu d’envoyer des signaux d’urgence. 

Le climat c’est comme la sécurité routière : les progrès sont venus d’améliorations techniques (des voitures, des routes) et de règles nouvelles changeant nos comportements. 

Au fond, le plus frappant est que les plus virulents contre les propositions de ce week-end ne disent jamais, eux, ce qu’il faudrait faire pour le climat. Si, ils disent une chose : c’est au plan international qu’il faut agir, cela n’a aucun sens d’agir seul. C’est vrai que l’outil le plus efficace pour changer la donne est une taxe carbone aux frontières de l’Europe pour contraindre la Chine et les autres à décarboner leur production. La commission de Bruxelles le promet, tant mieux. 

Mais chaque pays doit en même temps décarboner son économie. Pas plus : ce n’est pas une révolution idéologique. Mais pas moins : c’est simplement pragmatique.

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