Ce matin, la voiture électrique qui ne marche pas.

Oui. Ce sont des éléments rassemblés par ma consoeur Ingrid François qui montrent l’échec - pour l’instant en tous cas - de ce grand projet dont on parle depuis si longtemps, la voiture électrique. C’est cruel de le rappeler mais un plan gouvernemental pariait sur 100.000 voitures à la fin de cette année 2012. Le résultat, c’est … 2.600 véhicules vendus en 2011 et 1.600 seulement depuis janvier. La Peugeot ION ou la CZéro de Citroën, on ne les voit pas sur les routes. S’il n’y avait pas les Bluecar d’Autolib à Paris, les Kangoo électriques utilitaires et les commandes de grandes entreprises, ce serait le flop total. Les professionnels le disent : on est en dessous des prévisions les plus pessimistes.

Question simple : que se passe-t-il ?

Sur le papier, la voiture électrique devrait marcher : les carburants sont chers et le réchauffement climatique est toujours là. Le problème, c’est : 1 - le prix 2 - l’autonomie. Les véhicules électriques restent beaucoup plus chers que les voitures classiques, sans que personne ne sache s’ils vaudront quelque chose à la revente ; Deux, l’autonomie reste un problème. En ville, les technologies existantes ne posent pas de difficulté, mais les Français veulent partir en vacances sans recharger la batterie toutes les deux heures. Il faut reconnaître aussi que le climat (si on peut dire) n’est plus le même qu’il y a deux ou trois ans, au moment du Grenelle de l’environnement, du sommet de Copenhague. La crise environnementale est aussi grave que sa cousine financière, mais les modes passent.

Pour les constructeurs, le coup est dur…

Renault parie toujours sur le succès de sa Zoe, qui doit sortir au second semestre. Mais l’objectif de Carlos Ghosn - 60 à 100.000 voitures électriques pour Renault-Nissan- paraît hors de portée, en tous cas pour la France. Cela étant, les grands constructeurs peuvent encaisser le choc ; en revanche, c’est moins vrai pour les « petits ». Rebaptisé Mia Electric, l’ex-Heuliez, tant défendue par Ségolène Royal en Poitou-Charentes, est à nouveau en grande difficulté.

Faut-il enterrer la voiture électrique ?

Non, pas du tout ! L’industrie, c’est le temps long. Mais il faudra un déclic dont on ne sait pas d’où il viendra. Il faut bien voir que l’idée voiture électrique = propreté pour l’environnement n’est pas évidente. En France, elle l’est plus qu’ailleurs parce que l’électricité est nucléaire ; ailleurs, là où elle vient de centrales à gaz ou charbon, c’est moins évident. Cela étant, plusieurs pistes sont intéressantes. Les deux-roues électriques en sont une. La Chine est leader absolue : il se vend chaque année plus de 60 millions de vélos et scooters électriques. Il est bizarre que cela ne marche pas plus ici. Autre fait marquant : les véhicules hybrides progressent chaque année. Pour la première fois, un président, François Hollande, a choisi une hybride, la DS5, comme voiture officielle. On ose : l’alternance produit de l’énergie pas encore alternative, mais déjà alternée !

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