Votre édito ce matin : le ras-le-bol qui monte sur l’absence de transparence dans l’économie, à partir de deux événements d’actualité. Deux sujets différents que seul le hasard réunit. Les auditeurs m’en voudront peut-être de les rapprocher, ils sont de nature différente ; mais ils expriment tous deux une exigence de transparence. D’un côté, vous avez la pression croissante et bienvenue contre les comportements d’évasion ou d’optimisation fiscale des particuliers ou des entreprises. Au-delà de la volonté des Etats de récupérer de l’argent, il y a, oui, une colère, on le sent, contre le secret, les circuits parallèles qui ne profitent qu’aux initiés. Et puis, de l’autre côté, il y a cette conférence de presse organisée hier par la SNCF pour se défendre sur la complexité de ses tarifs TGV. Parce que l’entreprise sent monter l’énervement des clients. Si on rajoute Bruxelles qui s’attaque aux tarifs bancaires illisibles, et surveille de près la téléphonie mobile, on voit qu’il se passe quelque chose en économie.Sur la fiscalité, c’est le plus frappant… Il y a un sommet européen aujourd’hui sur l’évasion fiscale ; mais le plus neuf est que ce sont les pays anglo-saxons qui prennent le taureau par les cornes contre Apple, Google, Amazon, Starbucks, qui réussissent à ne pas payer d’impôt. Le Sénat américain tacle Apple, David Cameron, le Premier ministre britannique, convoque le patron de Google. En réalité, on y vient, les montages sophistiqués ne sont plus acceptés aujourd’hui, à droite comme à gauche. Les opinions publiques qui souffrent de la crise ne supportent plus, au-delà même de l’évaporation fiscale, l’absence de transparence et les gouvernements surfent là-dessus.Et du côté de la SNCF ? L’entreprise doit lutter elle aussi contre le soupçon. Ce soupçon que camouflé derrière la complexité de ses tarifs, elle fait exploser ses prix. Hier, elle a dû expliquer comment elle construit ses prix, ce qui dépend de la distance parcourue, de l’heure de départ, de celle de la réservation, de la demande. On a appris au passage que seulement 17% des voyageurs paient plein tarif ; les autres voyagent à prix spéciaux. Au-delà des tarifs familles nombreuses, militaires, seniors etc. il existe ... 600 tarifs particuliers. Pour l’anecdote, citons la réduction accordée aux chasseurs voyageant avec leur chien le jour de la Saint-Hubert ; ou celle des veuves de guerre allant sur la tombe de leur mari ! Le résultat c’est que le trafic TGV baisse nettement.Bon, et qu’est-ce qui réunit les redressements fiscaux et le rail, Apple et la SNCF – bref comment allez vous retomber sur vos pieds ? Très simplement ! Dans les deux cas, mais sur une échelle différente évidemment, les grandes entreprises mondiales comme la SNCF en France ont voulu jouer au plus fin ; pour semer le fisc dans un cas, pour séduire le client dans l’autre ; mais trop, c’est trop ; cela ne fonctionne plus ; il faut de la vérité et de la clarté. Les ONG, les consommateurs, les contribuables ne laissent plus rien passer. Parions que cette exigence de transparence et de clarté ne fait que commencer et va changer l’économie. Tant mieux. C’est la fin d’une époque.

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