Ce matin, une information qui concerne la télévision : le temps passé devant le petit écran a enregistré depuis le début de l’année sa plus forte baisse depuis vingt ans !

Et c’est intéressant parce que cela pose la grande question qui secoue les secteurs économiques les uns après les autres : après la musique, l’information, le commerce, la télévision va-t-elle être la prochaine victime du tsunami numérique ? Et la réponse n’est pas aussi claire que ça. D’abord, l’élément factuel. Le temps passé devant le bon vieux poste de télévision a diminué de 8 minutes depuis janvier, et comme le repli avait déjà été de 4 minutes en 2013, on s’approche du quart d’heure en moins. A partir de là, la tentation est de se dire que les téléspectateurs s’en vont petit à petit ailleurs, vers d’autres programmes et vers d’autres écrans, ceux de leur ordinateur, leur tablette, leur téléphone mobile. Mais en réalité, les états-majors des télévisions et les spécialistes, qui scrutent ce qu’ils appellent la DEI – la durée d’écoute individuelle -, ont du mal à savoir si nous sommes ou pas à un point de rupture. Si on essaie d’y voir clair, en fait, il y a des choses certaines et d’autres qui ne le sont pas du tout.

On commence par les choses certaines ?

Si vous voulez ! Ce qui est certain, c’est que le consommateur a pris la main et repris sa liberté ; il y a encore dix ans, c’était la loi de l’offre régulée, des télévisions qui proposaient des programmes ; aujourd’hui, le consommateur a un choix presque infini, TV en direct, en différé (en replay), le téléchargement, YouTube etc. L’arrivée en septembre, confirmée hier, de Netflix, le service américain de vidéo à la demande par abonnement, va accélérer les choses. Bref, la télé n’a plus le monopole de la création et de la diffusion des images. Ensuite, ce qui est certain aussi, c’est la fragmentation des modes de consultation de ces images. Le robinet ouvert de la TV familiale dans un coin du salon, fini ! Il y a quatre à six écrans par foyer et on consulte sa tablette de plus en plus devant la télévision : c’est le multi-écran ! Ce qui est certain enfin, c’est que les jeunes n’ont pas les mêmes comportements que les plus âgés - là c’est une banalité.

Après, on rentre dans le domaine des hypothèses et des paris …

Dix minutes- un quart d’heure de baisse, OK, mais il reste 3 heures 45. La télé résiste drôlement bien au numérique ! Grâce au … vieillissement de la population qui va continuer … Sur les contenus, c’est vrai, les fictions se regardent autrement qu’à la télévision, qui se spécialisent dans les programmes de divertissement. Mais les chaînes restent quand même les seules à attirer des millions et des millions de téléspectateurs, elles sont riches et la pub est toujours là. Elles résistent : et on reparlera des audiences pendant la Coupe du Monde brésilienne – surtout si la France passe le premier tour.

La télé n’est donc pas foutue ?!

Non, mais les acteurs les plus faibles vont mourir, la sélection va être sévère.

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Le blog de Dominique Seux

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