Dominique Seux revient sur la démission d'Henri de Castries, le patron de l'assureur Axa, annoncée hier. Oui, elle est intéressante à plusieurs titres. Henri de Castries, 61 ans, quitte donc le 1 er septembre la direction d'Axa comme il le souhaitait, après 16 ans à sa tête. La rumeur londonienne le donne partant pour la présidence (non exécutive) de la banque internationale HSBC, c'est possible, mais franchement on n'en sait rien. Premier point intéressant: ce que représente Axa aujourd'hui montre que la France peut avoir de grandes entreprises sans qu'elles aient déjà un siècle ou un demi-siècle d'histoire, comme Renault ou Saint-Gobain. Axa n'a que trente ans et pèse un chiffre d'affaires de 100 milliards d'euros (plus du double de Renault) avec 100 millions de clients. Tout çà avec 160.000 salariés et collaborateurs, dont 25.000 en France. C'est le premier ou deuxième assureur mondial, mais peu de Français le savent. Bref, comme souvent la finance en France : une très belle réussite.Deuxième point, son successeur sera allemand. Est-ce choquant ? Je ne crois pas, mais c'est vrai que la question a été posée. Un allemand à la tête d'Axa va-t-il oublier la France ? Les ponts avec la France vont-ils se distendre ? La direction d'Axa, dont le siège est avenue Montaigne à Paris répond que Thomas Buberl, 43 ans, est tout simplement le meilleur et qu'il reste à Paris. Et après tout, la semaine dernière, le grand groupe d'assurances italien Generali a choisi un Français, Philippe Donnet, comme patron. Le franco-ivoirien Tidjane Thiam dirige quant à lui la banque Crédit Suisse. Au fond, le passeport importe peu et Axa est extrêmement international, les salariés du siège travaillent la plupart du temps en anglais.Troisième point : la transformation digitale de l'assurance. Cela explique aussi sans doute pourquoi le patron d’axa s'est choisi un successeur bien plus jeune, et cela -je pense- va arriver dans beaucoup d'entreprises. Dans l'assurance, cela va aller vite. La profusion de données calculées à partir de boîtes noires dans nos voitures, à partir de nos smartphones, de nos montres etc. va permettre de calculer nos risques, notre conduite au volant, notre santé demain pour adapter nos primes d'assurance. Là aussi, Google et Facebook sont en embuscade. Et donc, ce métier lui aussi va changer. C’est une des raisons pour lesquelles Henri de Castries passe la main maintenant.

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