La France va recevoir 13 millions de doses de vaccin en avril. Elle adapte sa stratégie et va ouvrir une grosse centaine de vaccinodromes le mois prochain. Ils seront gérés par les pompiers, l'armée etc. Les objectifs fixés le gouvernement impose 210.000 vaccinations par jour d'ici le 15 avril, 400.000 ensuite.

Vaccinodrome à Lyon
Vaccinodrome à Lyon © Sipa / Robert DEYRAIL/Gamma-Rapho

Chacun sait que la vaccination est la porte de sortie, désormais la seule, de cette crise : porte de sortie sanitaire, sociale, économique et psychologique. A l’heure actuelle, 200.000 doses de vaccin en moyenne sont injectées chaque jour (sauf le dimanche) dans les centres mis en place.

Les centres mis en place par les mairies, dans les cabinets médicaux et désormais les pharmacies. 

La bonne nouvelle est qu'enfin le nombre de doses reçues augmente : plus de 7 millions en mars, 13 millions en avril. Et bien, le gouvernement avale son chapeau et va généraliser sur tout le territoire des vaccinodromes capables de distribuer jusqu’à 2.000 doses par jour. 

C’est déjà le cas au Stade Gerland, à Lyon, aussi à Metz et il y aura le Stade de France à Saint-Denis. Mais en réalité, il y en aura un à deux par département, et davantage en lle-de-France. Qui s’en occupera ? Les pompiers, les personnels de l’assurance-maladie, les préfectures et l’armée vont intervenir -et il y a la question des vétérinaires. 

Ainsi, à Paris, la caserne de pompiers Masséna va vacciner 6 ou 7 jours sur 7 tandis que les hôpitaux militaires de Paris, Marseille et Toulon ont reçu l’ordre de vacciner. 

Quand les vaccinodromes vont-ils démarrer ? Pour l'essentiel, en avril. L’idée est que le vaccin Pfizer, le plus dur à conserver, soit fléché vers les vaccinodromes, le Moderna, le Janssen et le AstraZeneca, plus faciles à manipuler, restant dans le circuit classique. Est-ce que ça va marcher ? 

Pour atteindre l’objectif de mi-avril : 10 millions de Français ayant reçu au moins une première dose, il faut jusqu’à cette date et à partir de ce matin exactement 210.000 vaccinations par jour. 

C'est largement faisable. Mais ensuite, pour atteindre 20 millions mi-mai, il faudra monter à 400.000 doses par jour.

Le vaccin, aussi pour oublier une semaine difficile ?

Oui. Le vrai-faux-vrai confinement de 16 départements, les allers-et-retours sur AstraZeneca et surtout l’attestation kafkaïenne : le gouvernement n’a pas gagné des points et il n’y a rien de pire que le ridicule quand les services de réanimation sont débordés. Mais sur la vaccination, cela commence à prendre forme. 

Mais l’Etat n’a pas le monopole de l’absurdie comique. Il y a quelques jours, le président du syndicat des pharmaciens a expliqué que les autotests pour voir si on a le Covid devraient être réalisés par des professionnels -comme les pharmaciens j’entends. Raymond Devos est je crois battu.  

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter