Ce matin : vous affirmez que sur le Budget, les députés et les médias ont mal fait le « job ».

Ah bon ? Les députés ont voté hier le projet de loi de finances pour 2018, après un mois et demi d’examen, et le texte part maintenant au Sénat. Il y a eu 151 heures de débats à l’Assemblée, mais en réalité on est bien incapable de dire en quoi les 577 députés ont infléchi de manière significative la copie du gouvernement. Il y a certes eu une taxation accrue des yachts et des voitures de luxe, et des ajustements techniques sur l’assurance-vie, la taxation des PME ou les dotations des collectivités locales. Mais pour le reste, les députés ont adopté sans les modifier les grandes réformes fiscales -ISF, taxe d’habitation, crédits des ministères- proposées par Edouard Philippe et Emmanuel Macron. 

Alors, est-ce un problème ? Oui et non. Non parce que nous sommes au début d’un quinquennat et il est logique que le président fasse voter les réformes de son programme. Mais oui, c’est un problème quand, comme cela a été le cas, les rapporteurs des budgets, par exemple sur la fiscalité et les investissements ou l’innovation, n’ont pas fait leur travail en évaluant les effets des mesures examinées. J’ai hélas de l’expérience et je n’avais jamais vu de rapports pour certains aussi indigents. Entre les frondeurs qui disaient non à tout sous Hollande et les bienveillants qui disent trop souvent oui, il y avait un espace à occuper. Il le reste largement.  

Et les médias aussi ont mal fait le job ? 

C’est nous ! Mais ce n’est pas nouveau non plus. Les médias ont couvert les débats, ils ont titillé le gouvernement sur chacune des réformes fiscales, de l’ISF à la taxe d’habitation – en lançant les milliards de baisse d’impôt ou d’économies dans les dépenses à la figure des auditeurs ou lecteurs. C'est bien. Mais comme d’habitude, nous avons omis de remettre les éléments du budget dans leur contexte. Combien de Français savent, grâce à nous, que le déficit de l’État, donc les dépenses qui ne sont financées par aucune recette mais par de la dette nouvelle, s’élève au chiffre énorme de  … 83 milliards d’euros – c’est-à-dire l’équivalent de (les journalistes adorent ce genre de comparaison idiote) de quatre millions de voitures moyennes. Combien ? Zéro sans doute. C’est curieux comme tout le monde s’en moque éperdument.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.