Le gouvernement a peu de bonnes nouvelles économiques à se mettre sous la dent. En voici une !

Un chômage qui ne chute pas, une croissance mondiale qui mollit, des gilets jaunes très agités sur le pouvoir d’achat : c’est vrai que les bons résultats économiques se font attendre. Peut-être parce que l’économie, c’est comme le thé, il faut du temps pour que les réformes infusent. 

Mais il y a un voyant vert qui fera plaisir à Emmanuel Macron, c’est le moral des investisseurs étrangers. Deux enquêtes, l’une de Business France l’autre d’Ipsos, mettent en évidence un véritable enthousiasme. 

Parmi les patrons d’entreprises internationales présentes en France, 4 sur 5 jugent notre pays attractif. C’était un sur trois en 2015. Le bilan de Macron est considéré comme très positif et 65 dirigeants de ces sociétés publient justement un texte dans Les Echos ce matin pour le dire. 

Tout cela peut faire sourire, mais ce n’est pas à prendre à la légère parce qu’en France, parmi les entreprises qui emploient plus de 250 salariés, une sur quatre (une sur quatre) est sous contrôle étranger. Ce qui veut dire que les décisions d’investir -ou pas- se prennent ailleurs. Le regard compte quand il faut choisir entre plusieurs pays, et coup de chance -si on peut dire- quand on regarde en ce moment la France au-delà des réformes, c’est mieux que l’Italie ou le Royaume-Uni. Voilà pour l’impression. 

Mais quelle conséquence concrète ? 

Vous avez raison : que disent les indicateurs « durs », sur la réalité des investissements, au-delà des sondages ? Soyons honnêtes, on n’a pas beaucoup de chiffres. Uun patron interrogé sur trois annonce pour l’instant un investissement récent ou à venir dans les mois qui arrivent. Mais est-ce en fait beaucoup ou pas beaucoup ? Diffiicle à dire. 

Si on regarde de près les annonces faites récemment par Toyota, Novartis, Disney, SAP, IBM, Deliveroo, Samsung, GSK, Merck, Kronenbourg et bien d’autres, on trouve une cinquantaine d’opérations, pour six milliards d’euros d'investissements et quelques milliers d’emplois. Ce n’est pas mal du tout. 

Le paradoxe est que cette vie économique « ordinaire », j’allais dire besogneuse et pas flambante, (cette économie-là) fait moins de bruit que les 3 à 4.000 emplois financiers que la France récupérera du Brexit -et dont on parle trop parce qu'ils sont en définitive une goutte d’eau. 

C’est dommage, qu'elles soient étrangers ou français, les entreprises souvent invisibles méritent qu'on parle d'elles davantage.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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