Il y a quelques jours, un débat a surgi sur l’ouverture des commerces en soirée. Était-il utile ? Non et vous allez voir pourquoi.

Les commerces ouverts la nuit : mais est-ce bien utile ?
Les commerces ouverts la nuit : mais est-ce bien utile ? © AFP / Greg Looping / Hans Lucas / Hans Lucas

Effectivement, le gouvernement, il y a une semaine, a décidé de se donner six mois avant de légiférer sur les horaires d’ouverture des commerces après 21 heures. L’objectif étant de faciliter ces levers de rideau. Un début de tollé avait accueilli cette réforme très réclamée par les professionnels pour rendre service aux clients et concurrencer Uber Eats, Amazon et tous les livreurs de pizzas. 

On a appris hier par la voix d’un cabinet spécialisé (Nielsen) que l’enjeu est malgré tout très faible en termes d’activité. Les hypermarchés, les supermarchés et les magasins de proximité aujourd’hui ouverts après 21 heures ne réalisent à ce moment-là que 1 à 2% de leur chiffre d’affaires quotidien. C’est ridicule. Alors, dans les grands magasins notamment à Paris, c'est plus proche de 3 à 4%. Tous ces chiffres sont également des moyennes, dans certains quartiers de grandes villes, cela doit être plus. Mais quoi qu'il en soit, on voit bien que la demande d’évolution de la loi n’a pas une pertinence qui saute aux yeux si cela fait peser une contrainte sur les salariés. 

Et les salariés dans tout ça ? 

Toute la question est évidemment là : le niveau de bonification des rémunérations en soirée et le degré de volontarisme de ces salariés. Les enseignes disent généralement qu’elles n’ont aucun mal à trouver des volontaires, souvent des étudiants. Mais au total, l’enjeu apparaît bien, limité. 

Cet exemple illustre une question plus générale. Comme on vient de l'entendre, souvent, la force des débats qui agitent la France n’a pas grand-chose à voir avec la réalité, et l’importance, d’un sujet. 

Trois autres exemples tirés de l’actualité : 

  • Le pays se déchire sur les retraites, l’âge légal de 62 ans, un éventuel âge pivot. Mais l’âge de départ actuel moyen est déjà supérieur aux chiffres sur la table, il est de 63,3 ans hors départs pour carrière longue. 
  • Le Portrait social 2019 de l’Insee a indiqué cette semaine que 85% des salariés travaillent en CDI, contrat à durée indéterminée. A entendre le bruit général, la précarité est pourtant devenue la règle. 
  • Les économistes, les gouvernements, les commentateurs scrutent chaque jour ou presque les prévisions ou les estimations de la croissance, au dixième près. Et personne ne regarde la donnée vraiment importante, celle de la croissance par habitant – qui tient compte de la démographie. C’est la seule qui a un effet réel sur la vie de chacun. 

Voilà. C’était une chronique pour montrer qu’il faut à la fois regarder les chiffres et s’en méfier.... On n’est pas tellement plus avancé !

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