Le gouvernement prépare de nouvelles mesures fiscales anti-diesel qui pourraient être votées d’ici à la fin de l’année. Est-ce une bonne nouvelle ? Oui bien sûr, si le diesel est plus mauvais pour la santé que l’essence – et cela semble bien être le cas. La semaine dernière, le ministère des finances avait annoncé une mini-mesure – plus un centime de taxe sur le gazole, moins un centime sur l’essence. Bercy travaille maintenant sur une autre mesure. Les entreprises peuvent déjà effacer les quatre cinquièmes de la TVA qu’elles paient sur le seul gazole. Cet avantage fiscal pourrait être étendu demain à l’essence. C’est très technique mais derrière, l’enjeu est majeur. Les particuliers comme vous et moi achètent leur voiture d’occasion, sauf s’ils sont vieux ou riches. Les entreprises, elles, font le contraire. Elles achètent surtout des voitures neuves, celles dont la production fait tourner les usines des constructeurs. Et si elles peuvent désormais déduire la TVA sur l’essence, elles vont acheter beaucoup plus de voitures à essence. Et ça pose un problème industriel et social.

Où est le problème ? Pour les constructeurs, c’est juste une question de moteurs… Evidemment. Sauf qu’en France, on a fait un choix politique il y a très longtemps de soutenir massivement le diesel, notamment pour réduire la consommation des véhicules. Du coup, les constructeurs français sont devenus au fil des ans très forts sur le diesel - et beaucoup moins forts sur l’essence. En changeant soudain de politique, le gouvernement risque donc d’avantager les constructeurs étrangers, qui ont comme par hasard moins l’habitude de fabriquer des voitures en France. Ca risque de déboucher sur des suppressions d’emploi. Autrement dit, il y a un arbitrage douloureux entre la santé et l’emploi. Personnellement, je trouve plutôt bien qu’on choisisse la santé et je pense que ce choix aurait dû être fait depuis longtemps. Mais pour les ouvriers de l’automobile et leurs employeurs, il aurait été infiniment préférable que ce choix soit annoncé longtemps à l’avance, pour qu’ils puissent s’adapter au changement. Gouverner, c’est prévoir et non réagir.

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