Jean-Dominique Senard, le président de l'Alliance Renault-Nissan, était l'invité de Léa Salamé. Retour, pour l'occasion sur l’automobile mondiale, qui est en ce moment au pied d’un mur.

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Logo Renault © Getty / Omar Marques/SOPA Images/LightRocket

Un mur qui a plusieurs briques assez hautes chacune, ce qui fait que l’obstacle à franchir est redoutable. 

Face à la question environnementale, un défi de taille

L’automobile affronte là, maintenant, un des défis les plus importants de son histoire, c’est à la fois passionnant et stressant pour les millions de salariés et les dirigeants concernés. 

La première brique, c’est la conjoncture : après dix ans de bons résultats, ce secteur vit une stagnation ou un recul sur ses trois grands marchés, Etats-Unis, Europe et Chine. 

La seconde brique, c’est celle des investissements absolument colossaux nécessaires pour aller vers une voiture plus verte, plus autonome, plus connectée et moins diesel (ce qui touche dans ce dernier cas les constructeurs français). On parle de 150 milliards d’euros au grand minimum. S’agissant des émissions de CO2, l’Europe (comme la Chine) a fixé des objectifs ambitieux, qui poussent tous les marques à lancer dès l’an prochain davantage de modèles hybrides ou 100% électriques pour échapper à de grosses amendes. 

Mais la demande des hybrides sera-t-elle au rendez-vous ? 

Un hybride rechargeable coûte 6 000 euros de plus qu’un essence et un tout électrique 10 000 euros de plus. L’opinion publique est ambigüe, elle réclame du propre, tout en achetant plus de SUV très lourds. Mais attention, si la situation climatique se dégrade, l’interdiction des voitures thermiques à la vente va arriver plus tôt que la date de 2040 évoquée en France. Le Danemark a encore poussé en septembre pour 2030 – comme tous les pays qui n’ont pas de constructeur ce qui est facile. Bref, le montant des investissements annonce des bouleversements considérables dans cette industrie, avec des gagnants et des perdants. 

Et Renault ? 

Renault vient de traverser une crise de gouvernance inouïe. Le groupe Renault-Nissan a aussi perdu la place de numéro un mondial, il est repassé derrière Volkswagen et Toyota, mais avec 10 millions de ventes par an, 450 000 salariés dans le monde et dix marques, c’est bien sûr un empire, l’Alliance, que préside Jean-Dominique Senard, qui aurait voulu rajouter Fiat, ce qui était une bonne idée. Un empire aujourd'hui fragile, comme l’ont montré l’annonce d’une dégradation des résultats la semaine dernière chez Renault et les mauvais résultats de Nissan. Mais le président que vous recevez a fait le ménage, il est donc à partir de maintenant le patron et donc vraiment responsable.

► Retrouvez l'interview de Jean-Dominique Senard par Léa Salamé

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