Vous avez regardé Nicolas Sarkozy hier soir sur France 2, et vous êtes restés sur votre faim ...

Oui, c’était la première fois qu’il s’exprimait longuement devant les Français depuis deux ans et demi et la situation économique n’a été quasiment pas abordée. Vous allez me dire qu’il n’y a pas que l’économie dans la vie, mais reconnaissez que ces questions sont vitales en ce moment ! Hier soir, il a juste critiqué les hausses d’impôts de François Hollande. Déjà, vendredi, dans son message sur Facebook, les mots « économie » et « réformes » n’apparaissaient pas. Ce n’est pas un hasard. Pour l’instant, Nicolas Sarkozy veut mettre en avant ... Nicolas Sarkozy, son énergie, pas des idées nouvelles sur tel ou tel sujet. Il s’adressait à ceux des Français -nombreux- qui ont pris en horreur les discours économiques, pas aux journalistes et aux éditorialistes. C’est la raison pour laquelle on est resté sur sa faim hier soir. C’était voulu. Mais cette discrétion ne sera pas possible longtemps.

Vous allez nous dire pourquoi, mais avant ça, vous êtes peut-être le seul à avoir remarqué qu’il a fait preuve d’excès de modestie sur la croissance !

Il a rappelé que la croissance pendant sa dernière année complète de mandat, 2011, était de 1,7% - pour dire : je n’ai pas laissé un pays en faillite. J’ai vérifié sur le site de l’Insee : la croissance s’est en réalité élevée en 2011 à ... 2,1% ! Depuis, on est à zéro ou presque. Au-delà de cet accès de modestie, posons-nous une question plus intéressante : pourquoi a-t-on le souvenir d’une crise ininterrompue alors que les chiffres montrent des hauts et des bas ? Parce que Nicolas Sarkozy a été fortement keynésien pendant la crise, que cela a creusé la dette, mais que la gauche aurait voulu qu’il en fasse plus encore tout en lui reprochant d’avoir creusé la dette. Et en 2011, la droite a nettement relevé les impôts elle aussi. Bref, personne n’a intérêt encore aujourd’hui à ce que l’on fouille l’histoire !

Pourtant, Nicolas Sarkozy ne pourra pas se taire longtemps sur l’économie…

Le rappel que l’on vient de faire sur la croissance montre combien il a été caméléon pendant son mandat. Libéral au début (les baisses d’impôt et le rapport Attali), puis keynésien, puis rigoureux à la fin. Et donc la question maintenant est : Sarkozy, quelle ligne de fond aujourd’hui ? La question est légitime parce qu’il n’a pas été aussi réformateur qu’il l’avait annoncé (même s’il l’a été) et il est forcément un des acteurs de la perte de compétitivité de notre pays. Au fond, hier soir, il a tout misé sur sa forte personnalité face à celle de François Hollande. Mais sur l’économie, il est resté flou. Mènerait-il la même nouvelle politique sociale-libérale que l’actuel président ? L’ironie est que peut-être. Mystère. C’est dommage.

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