L’affaire de la fraude de Volkswagen aux Etats-Unis dont on parle depuis hier vous fascine.

Elle est sidérante et absolument fascinante. Le groupe allemand a donc installé dans ses voitures des logiciels qui permettent de tricher aux tests anti-pollution. Elle ne les a pas installés dans quelques voitures, mais dans toutes ses voitures puisque les tests, aux Etats-Unis, se font sur des véhicules pris au hasard. C’est d’abord sidérant techniquement. On sait peu de chose, mais le logiciel repère peut-être quand une voiture est à l’arrêt, capot ouvert, volant droit, avec certaines coordonnées GPS ; à ce moment, là le système anti-pollution fonctionne, il est boosté ; sinon, quand on roule normalement, il est débranché et la voiture pollue davantage. A partir de là, il y a déjà trois conclusions. La première est que le groupe automobile, au chiffre d’affaires égal au PIB de la Grèce, a pris un risque inouï qui entache sa réputation. Qui a décidé, qui savait ? Des têtes vont rouler. La deuxième observation est que des théories du complot vont s'élaborer. Jamais les Etats-Unis n’avaient imposé une amende aussi forte, 18 milliards de dollars ; si on la rapproche de l’amende infligée à BNP-Paribas pour avoir enfreint avec des dollars les embargos américains sur certains pays -embargo américain, pas européen-, le soupçon est le suivant : y a-t-il une stratégie américaine de soft power pour contrer les entreprises étrangères ? C'est troublant. Mais ce soupçon doit être écarté au moins provisoirement parce que Volkswagen est bel et bien coupable. Troisième conclusion, c’est le plus important, cette affaire est un coup terrible à tort ou à raison à l’image de ce font les entreprises sur l’environnement. On les accusait de greenwashing, de ripolinage vert pour la com ; là, c’est de la triche. Avant la COP 21, c’est pain bénit pour les écologistes qui ne croient ni au diésel propre, ni que le progrès technique puisse être une réponse au défi environnemental.

Avec quelles conséquences ?

Un. L'Europe doit accélérer la modernisation en cours de ses propres tests, dont la méthode date de … 40 ans. Il y a urgence pour PSA ; Deux. L'Europe doit être moins bisounours et elle aussi de temps montrer les crocs vis-à-vis des entreprises américaines.

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