Les mois qui viennent et l’après-2017 seront plus difficiles qu'on ne le pensait sur le plan économique.

Oui, il est à craindre que le fameux « çà va mieux » de François Hollande n’aura été qu’une parenthèse. Les indicateurs et les prévisions économiques qui tombent ces jours-ci ne sont pas bons et laissent craindre que nous entrions dans une période à nouveau difficile. On n’a pas envie ce matin de casser le moral des candidats qui vont se lancer dans la bataille, à droite ou à gauche. Mais le réchauffement ne concerne que le climat ; pour le reste, attention au refroidissement.

Quels indicateurs ? Quels périls ?

Il y en a trois auxquels il faut prêter attention. Un : la croissance ralentit partout, l’OCDE, l’a confirmé hier. Dans les pays émergents, aux Etats-Unis, en Europe. Trop de dettes, pas assez d’investissements et d’innovations. Ici, en France, elle tournerait autour de 1,3 % seulement cette année et en 2017. C’est moins que ce que prévoit le gouvernement – 1,5 %. Vous savez que j’aime évoquer de temps en temps un autre indicateur, le Produit intérieur brut par habitant qui, lui, tient compte de la croissance démographique. Eh bien, ce PIB par habitant est exactement au même niveau qu’avant la crise de 2008. Huit ans donc de surplace.

Et les autres périls ?

Deux : La bulle de la dette chinoise, celle des entreprises, des ménages et de l’État, qui atteint des niveaux inouïs -des chiffres sont sortis lundi venant de la Banque des Réglements internationaux, la BRI, ce ne sont pas rigolos - et cela inquiète le monde entier. Si il y une crise, elle peut venir de là. Et trois : le ralentissement des échanges commerciaux mondiaux. Les partisans de la anti-mondialisation et les protectionnistes s’en réjouiront, peut-être pas pour longtemps.

Quel enseignement pour la présidentielle ?

L’après-présidentielle ne sera pas un chemin de roses. Le débat public porte sur l’islam, les attentats, l’immigration, la laïcité, Calais etc. Cette relative disparition de l’économie est regrettable car elle est plus importante que le burkini, la crédibilité est plus urgente que l’identité et les Chinois sont plus importants pour notre avenir que les Gaulois. Bref, la mer grossit et il n’y aura pas pas de grain à moudre.

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