Ce matin : le retour des grandes manœuvres dans l’industrie.

On le dit avec prudence parce que rien n’est fait, il s’agit de manœuvres d’approche, il n’y a aucune confirmation officielle. Mais c’est vrai que plusieurs opérations sont évoquées ces dernières heures. La première concerne Alstom, le constructeur français de trains et de TGV – en fait ce qui reste du groupe Alstom depuis la cession de la branche énergie à General Electric. Des discussions ont lieu avec l’allemand Siemens pour rapprocher leurs activités ferroviaires. Il semble que l’idée vienne du gouvernement français, qui s’inquiète d’un autre schéma sur lequel travaille Siemens depuis plusieurs mois, une fusion avec le canadien Bombardier. Il faut savoir que dans le monde occidental, Siemens, Alstom et Bombardier sont les trois acteurs qui comptent dans la fabrication de rames et de locomotives. Mais un nouvel acteur est apparu, un géant chinois, CRRC, qui gagne des marchés un peu partout dans le monde. Bref, le constructeur qui se retrouvera tout seul sera mal parti. Un émissaire gouvernemental français aurait parlé directement à Angela Merkel de cette idée d’un Airbus ferroviaire. Reste à savoir, si cela se faisait, qui serait le patron et c’est le vrai point d’achoppement. Une autre entreprise française peut-elle perdre le drapeau tricolore après la série de ces dernières années ? L’Elysée semble actif en tous cas. Du côté allemand, on insiste plutôt trois fois qu’une : ce n’est pas la politique qui décide mais exclusivement l’intérêt industriel pour Siemens.

Et ce n’est pas tout.

Des rumeurs de bourse font effectivement état de l’intérêt de plusieurs banques européennes pour la deuxième banque allemande, Commerzbank, qui est plutôt mal en point. Le nom de BNP Paribas est cité comme repreneur mais il y a aussi l’italien Unicredit. Mais dans ce cas, l’État fédéral allemand est très directement concerné parce qu’il contrôle 15 % du capital de Commerzbank. Ce qui permet de conclure, sur ce point, qu’il est peu probable que quelque chose se passe pendant les élections allemandes et la phase de constitution d’une probable équipe Merkel saison 4. Au total, si on ajoute à ces deux dossiers le rapprochement du chantier naval STX et de l’italien Fincantieri, voire un schéma qui impliquerait Naval Group, l’ex-DCNS, tout cela confirme que l’économie européenne est dans une phase d’appétits qui s’expriment et de consolidations, ce qui toujours le cas quand l’économie va mieux.

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