Le gouvernement prépare la rentrée économique, comme on l’a vu vendredi dernier au Fort de Brégançon. Quelles vont être ses priorités ? Clairement, il y en a deux : le bouclage du budget 2011, qui s’annonce chocolat, et la réforme des retraites. Commençons si vous le voulez bien par le budget. Il y avait deux informations dans le communiqué publié après le mini sommet gouvernemental de Brégançon : d’abord le gouvernement diminue sa prévision de croissance de 2,5% à 2%, c’est dans la partie haute de la fourchette considérée aujourd’hui comme raisonnable par la communauté des prévisionnistes. Ensuite, il va raboter de 10 milliards d’euros les fameuses niches fiscales en 2011et 2012. Là, c’est dans la partie haute de la fourchette qu’il avait lui-même indiquée. Et il n’est pas question d’augmenter la TVA ou l’impôt sur le revenu. Résultat: tout ça va nous faire un équilibre très tendu. Le gouvernement boucle son budget à la manière de ces femmes ou aussi de ces hommes qui ferment leur pantalon en s’allongeant et en retenant leur respiration. L'exercice procure une certaine satisfaction mais au moindre accroc au régime, le bouton saute ou le pantalon budgétaire se déchire. Mais avec la crise, les budgets sont partout compliqués à boucler… En Allemagne, Angela Merkel fait plutôt le contraire. Elle prend un pantalon un peu trop large – je précise que l’on parle toujours de politique budgétaire. Elle préfère forcer sur les recettes et serrer les dépenses. C’est politiquement plus difficile au début, mais plus confortable après. Et si les choses se passent bien, on retrouve un peu d’air. C’est ce qui se passe en ce moment outre-Rhin. Venons-en maintenant à la deuxième priorité : les retraites. Oui, le Parlement doit voter cet automne le recul de l’âge de la retraite. C’est une mesure de bon sens dans un pays où l’espérance de vie progresse de deux ou trois mois chaque année, mais elle est très impopulaire. Les syndicats préparent une grande journée de mobilisation contre la réforme. Toute la question est de savoir s’ils vont réussir à agréger les mécontentements et enclencher cette dynamique de la rue que redoute tout gouvernement français. Le dossier est suivi de très près à l’étranger. Non seulement par la Commission de Bruxelles ou au FMI, mais aussi par les investisseurs du monde entier qui prêtent de l’argent à la France, car c’est l’équilibre à long terme des comptes publics qui est ici en jeu. Pas plus tard que la semaine dernière, l’agence de notation Moody’s a d’ailleurs prévenu que les retraites et le budget étaient les deux critères sur lesquelles elle jugerait la capacité de la France à honorer sa dette. Pour conclure, quelle est la ligne directrice de cette politique ? Eh bien il devient de plus en plus évident que c’est une politique de rigueur, même si Nicolas Sarkozy a du mal à l’admettre. Le président de la République avait été beaucoup plus à l’aise pour impulser une politique de relance en 2009 lors de la crise et aussi en 2007 à son arrivée à l’Elysée. Il était encore plus dans son élément quand il fallait se battre dans la tempête financière pour sauver les banques et les constructeurs automobiles, ou réinventer la coopération européenne et mondiale. Là, il doit serrer la vis. Et c’est dans sa capacité à assumer ce rôle contre nature qu’il jouera ses chances pour l’élection de 2012.

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