Ce qui frappe, si on regarde ses propositions concrètes, c'est qu'elles sont ambitieuses et donc c'est la question de leur crédibilité qui est posée.

Pour résumer ses mesures, on peut dire que pour 2017, ce sont les idées de 2007 au carré. D'une certaine façon, Sarkozy veut montrer qu'il ferait vraiment ce qu'il n'a pas pu faire à l'époque à cause de la crise – crise, disons-le, qui était une excuse valable mais pas pour la première année après son élection. D'un côté, baisse de 10 % de l'impôt sur le revenu, allégement très fort de la fiscalité sur les successions et le capital, diminution des cotisations sociales pour les entreprises ; de l'autre retraite à 63 puis 64 ans, réduction du nombre de fonctionnaires et dégressivité des allocations-chômage : la liste est longue. Selon la formule journalistique peu élégante, il y a du lourd.

Est-ce très différent du projet d'Alain Juppé ?

En économie, pour l'essentiel, non. Chez les deux, vous avez un contre-choc fiscal et social d'une trentaine de milliards d'euros et des économies dans les dépenses publiques. Cela dit, la différence, c'est que Sarkozy met du sucré là où Juppé ne met que du salé. L'ancien président envisage des douceurs fiscales pour les ménages tandis que l'ancien premier ministre (cela fait beaucoup d'ex !) juge que ce n'est pas la priorité et ne les promet que pour les entreprises. Au contraire, lui met la retraite à 65 ans.

Mais il y a une autre différence, et de taille.

Oui, sur la baisse des déficits publics. Juppé s'engage sur un scénario chiffré d'ici 2022, tandis que Sarkozy refuse absolument d'aller sur cette voie. Cela veut dire qu'il assume totalement que le déficit public augmente au début d'un quinquennat, les économies arrivant moins vite que les baisses d'impôt. C'est une constante chez lui depuis toujours : le sujet des comptes publics et de la dette l'en … nuie profondément et définitivement.

Tous les deux proposent une centaine de milliards d'économies dans les dépenses publiques : ça c'est irréaliste, non ?

Absolument pas. Elles se sont élevées à 1.154 milliards d'euros l'an dernier, contre 1.059 en 2010. 95 milliards d'écart. Je le demande : la sphère publique vivait-elle dans le noir et au pain sec il y a cinq ans ? Réponse : non.

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