Les cours des actions américaines progressent depuis 3.453 jours sans subir de choc majeur – un choc majeur étant défini par les analystes financiers comme une baisse de plus de 20%.

Dollars américains
Dollars américains © AFP / Karen Bleier

Cette hausse mesurée par l’indice S&P500, composé avec la valeur des actions de 500 firmes américaines, a commencé le 9 mars 2009, juste après la crise financière symbolisée par la faillite de la banque Lehman Brothers. 

Si vous aviez placé 1.000 dollars en bourse ce jour-là, vous auriez aujourd’hui 4.200 dollars. Un quadruplement en moins d’une décennie : c’est vertigineux.

Qu’est-ce qui explique cette longue et forte hausse de la Bourse ?

Une bonne et une mauvaise raison. 

La bonne, c’est que les entreprises qui avaient été sonnées par la crise ont fait ensuite d’énormes efforts. 

Elles ont amélioré leur organisation, elles ont fait bouger leurs frontières en vendant et en achetant des activités, elles ont lancé de nouveaux produits. En un mot, elles sont devenues beaucoup plus efficaces. 

La mauvaise raison, c’est les taux d’intérêt très bas imposés par la banque centrale pour soutenir la reprise. 

Les entreprises en ont profité pour diminuer le coût de leurs emprunts, c’est logique. Mais elles s’en sont aussi servi pour faire des opérations financières plus discutables. Elles ont emprunté massivement non pour financer des investissements, mais pour racheter leurs actions. 

Ca a fait monter les prix de ces actions, mais ça ne prépare absolument pas l’avenir.

Ce record de Wall Street reflète-t-il la santé de l’économie américaine ?

Évidemment, ce n’est pas un hasard si la plus longue hausse de la Bourse coïncide avec ce qui pourrait devenir l’an prochain le plus long cycle de croissance de toute l’histoire des États-Unis. 

Mais cette croissance est lente, et elle a jusqu’à l’an dernier profité à une petite minorité d’Américains. Si reflet il y a, il se trouve dans un miroir terriblement déformant.

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