Ce ne sont pas des amis pour la vie. Et il y a peu de chance qu’ils le deviennent à Biarritz. Les dirigeants du G7 ont beau s’assoir à la même table, ils ne s’entendent à peu près sur aucun des sujets économiques.

Emmanuel Macron et Boris Johnson avant le G7 à Biarritz
Emmanuel Macron et Boris Johnson avant le G7 à Biarritz © AFP / Thierry Chesnot

Pas sur le Brexit, pas sur la taxation des géants du numérique mais surtout, pas sur la guerre commerciale lancée par Donald Trump. Et tout le monde redoute aujourd’hui l’éléphant américain dans le magasin de porcelaine. 

L’économie mondiale est dangereusement fragilisée par le conflit commercial avec la Chine

D’abord parce que les allers et retours de Trump sur les droits de douanes créent de l’incertitude. Et s’il y a une chose que les chefs d’entreprises n’aiment pas, c’est bien ça : ne pas savoir sur quel pied danser. Dans ce cas, ils arrêtent habituellement de danser. C’est ce qu’ils font. Ils retardent leurs investissements.  

Ensuite, le conflit a dégénéré cet été. On pouvait croire que Trump voulait forcer les Chinois à ouvrir leur marché. Mais non. Les nouveaux droits de douane sur les produits chinois prouvent que c’est une nouvelle guerre froide. Les chefs d’entreprise vont en tirer les conséquences. Et elles ne se feront sentir que dans quelques années. Les industriels japonais de l’électronique réfléchissent déjà à fermer leurs usines en Chine et à en ouvrir d’autres au Vietnam ou en Indonésie. Et ce n’est qu’un début. Les entreprises se diront : « mes produits « made in China » seront taxés aux Etats-Unis. Il vaut mieux que je les fabrique ailleurs ». C’est le but de Trump.  

Quel sera l’impact de ce conflit pour l’Amérique ?

Le consommateur américain paiera plus cher son smartphone ou son écran plat à court terme. A un an de l’élection présidentielle américaine, c’est risqué pour Trump. S’il veut être réélu, il faut que les salaires augmentent plus vite que les prix. C’est pour ça qu’il met une pression maximale sur la banque centrale pour qu’elle baisse les taux d’intérêt et relance l’économie.     

Et l’Europe, dans tout ça, est prise entre deux feux. 

Elle est prise entre deux feux. Mais elle va bientôt savoir quel sera son sort. Donald Trump doit décider d’ici mi-novembre s’il taxe les importations de voitures européennes. Ce serait une catastrophe pour l’Allemagne, en quasi-récession aujourd’hui. Notre voisin exporte 25 milliards d’euros de voitures aux Etats-Unis. 

Ce serait aussi un test pour le couple franco-allemand : Renault et Peugeot ne vendent rien aux Américains. Les intérêts de la France et de l’Allemagne sont divergents. 

Trump va-t-il ouvrir un nouveau front contre l’Europe après s’être attaqué à la Chine ? 

Nous saurons dans trois mois s’il veut mettre l’économie mondiale à terre. L’ambiance à Biarritz s’annonce très sympa.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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