L’édito éco de Dominique Seux. Dans une heure, Manuel Valls sera à votre place. Et si vous, vous étiez à ma place pour l’interroger, vous aimeriez poser des questions au Premier ministre !

Oui, votre interview, Bruno, portera sur les questions de sécurité, de terrorisme et les naufrages au large de l’Italie. Mais s’il vous reste un peu de temps pour parler économie, il y a une question que vous devriez poser à Manuel Valls : est-il sûr de faire tout ce qu’il faut pour que la France profite de la reprise et que le chômage baisse dès que possible ? Car, oui, la bonne nouvelle est que des signaux verts s’allument : la consommation redémarre dans l’alimentation, l’automobile, l’ameublement et même les billets de train vendus par la SNCF. Et la conjonction d’un dollar à un euro, d’un pétrole à 50 dollars et de taux d’intérêt très bas est une bénédiction. Bref, le paysage est meilleur qu’en septembre, quand Manuel Valls était venu pour la dernière fois à France Inter.

Avec sa loi Macron, avec sa loi Rebsamen sur le dialogue social, le gouvernement fait beaucoup pour consolider cette reprise, non ?

Ecoutez, c’est sûr que la France profitera de la reprise, le risque est qu’elle en profite moins que les autres. Regardez : l’Allemagne, qui a déjà eu 1,6% de croissance l’an dernier, depuis hier, prévoit 1,8% pour cette année. La Grande-Bretagne, c’est plus encore. Dans la loi Macron, dans la loi Rebsamen, il y a des choses. Mais, comme l’a dit François Hollande lui-même en parlant de la première, ce ne sont pas les lois du siècle ! Imaginons un instant, je suis chef d’entreprise, qu’est-ce que je retiens de la loi Macron ? Que le nombre de dimanche travaillés va augmenter un peu. Et de la loi Rebsamen ? Qu’il y aura un peu moins de réunions obligatoires avec les syndicats.... Pas de quoi sauter au plafond ou me donner le coup de pied au derrière pour que j’investisse.

Tandis que ?

Tandis que plane toujours la possibilité que les dispositions du Pacte de responsabilité soient remises en cause dans le prochain Budget. Inquiétude sur la stabilité fiscale ! Tandis que la partie la plus immédiatement compréhensible de la loi Rebsamen, c’est la réforme des aides sociales à l’emploi. On a dit ici même que l’extension aux jeunes de la prime d’activité se défendait, mais reconnaissons en même temps que c’est une fois de plus l’argent public qui vient au secours de l’emploi. Dans les autres pays où le chômage baisse, des réformes beaucoup plus ambitieuses ont été menées. On peut ricaner : toujours les mêmes lubies ; mais notre niveau de chômage ne nous autorise pas à ricaner. Le gouvernement a choisi une direction qui est la bonne ; encore faut-il appuyer sur l’accélérateur !

En clin d’œil au Premier ministre, vous voulez terminer par une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne : depuis un décret paru lundi, les jeunes apprentis du bâtiment ont à nouveau le droit de monter sur des échelles ! La mauvaise : Thierry Mandon, ministre chargé de la simplification administrative, me racontait il y a quelques jours qu’un préfet recevait 10.000 pages d’instructions par an il y a dix ans, et 80.000 aujourd’hui.

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