Mark Zuckerberg, quand il avait été auditionné par le Congrès américain, avait promis plus de rigueur sur le traitement des données personnelles de Facebook... Tiendra-t-il sa promesse ? Rien n'est moins sûr… Dominique Seux fait le point.

Mark Zuckerberg tiendra-t-il les engagements pris devant le Congrès américain ?
Mark Zuckerberg tiendra-t-il les engagements pris devant le Congrès américain ? © AFP / Saul Loeb

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, quand il avait été auditionné par le Congrès américain il y a quelques jours, avait dit deux choses : 

  1. Il avait fait un mea culpa pour l’utilisation à des fins politiques et commerciales des données personnelles de 87 millions d’utilisateurs du réseau social mondial. 
  2. Il avait déclaré la main sur le cœur, que le règlement européen de protection des données, le RGPD, qui s’appliquera le 25 mai, servira désormais de modèle. Concrètement, depuis la semaine dernière, les utilisateurs européens de Facebook peuvent refuser de partager leurs opinions politiques, leur religion ou leur situation amoureuse – on a vu apparaître une fenêtre d’explications avec des cases à cocher. Mardi, le groupe américain a même ajouté dans un communiqué que cette protection de type européen s’appliquera dans les semaines ou mois à venir aussi aux non-européens, c’est-à-dire au reste du monde. 

Promesse tenue ? 

Eh bien, ce n’est pas sûr du tout. 

L’agence Reuters a découvert que Facebook va changer l’adresse de son siège social pour les 1,5 milliard d’utilisateurs non-européens, siège social qui est depuis dix ans situé en Irlande pour des raisons fiscales. Ce siège, en mai, va passer aux Etats-Unis – du coup la réglementation européenne ne s’appliquera pas aux Asiatiques, aux Africains et aux Américains, contrairement au discours officiel tenu au Congrès par Mark Zuckerberg.

Alors, double langage ou pas ?

Soyons honnête : il est trop tôt pour en être absolument certain. 

Au minimum en tout cas, on peut dire qu’il y a un recul par rapport aux promesses récentes et qu’il y a un principe de précaution juridique. Facebook compte 370 millions d’utilisateurs en Europe, faut-il appliquer le droit européen au monde entier alors qu’il n’est même pas encore applicable ? C’est une vraie question, ce serait très ambitieux et les Etats-Unis ne nous ont pas habitué à cela. 

Selon le règlement européen, très précis, qui concerne toutes les entreprises, Bruxelles peut condamner les récalcitrants à des amendes pouvant aller jusqu’à 4% de leur chiffre d’affaires. Soit 1,6 milliard de dollars pour Facebook. Cela fait réfléchir. 

Ce qui est certain, c’est qu’on ne sait pas si le modèle économique de Facebook, qui s’appuie sur la monétisation des données, va survivre à ce coup de tabac.

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