Les prix de l’immobilier ont retrouvé en France leur niveau d’avant la crise de 2008.

Oui, et ce type de phrase, donne l’impression que dix ans de crise ont été effacés, que l’on retrouve une trajectoire normale. Mais ce n’est pas vrai. C’est vrai que le marché immobilier s’est décoincé. Les transactions dans l’ancien sont revenues à des niveaux record : on va s’approcher des 850.000 cette année, c’est beaucoup. Dans le neuf (appartements et maisons), cela construit aussi beaucoup et les programmes sont pleins. Comme les taux d’intérêt ont été cette année incroyablement bas, les prix ont grimpé de 4,5%, ce qui les ramène, effectivement à ce qu’on avait sous les yeux début 2008, avant les turbulences de la crise financière. Donc, les clignotants sont apparemment au vert.

Mais en fait, il ne faut pas s’arrêter à la façade.

Non. Les Français qui nous écoutent savent bien qu’il est souvent difficile de se loger à un prix raisonnable, baisse des taux ou pas. On sait aussi que les taux d’intérêt commencent à remonter semaine après semaine. Une fenêtre est en train de se refermer. Ce qui n’arrange pas les choses est que la politique du logement a vraiment fait des zigzags ces dernières années. Il y a eu une première étape avec la loi Duflot, qui a joué la carte des locataires face aux méchants propriétaires. Le marché a été bloqué. Savez-vous quelle peut être au total la durée légale de la procédure pour expulser un locataire qui ne paie pas son loyer ? Jusqu’à six ans ! Il y a peu de locataires indélicats bien sûr, mais les propriétaires savent ce genre de choses. Donc il y a des logements vides. Après Cécile Duflot, il y a eu une autre phase, celle de la simplification des 4.000 normes qui réglementent l’urbanisme et la construction. Cela ne bouge pas beaucoup. Je vous donne un exemple très concret : Ségolène Royal bloque toujours la suppression de l'obligation du conduit de cheminée dans les maisons neuves, qui renchérit le coût de construction de 1%. Une suppression annoncée par Manuel Valls il y a deux ans, mais que la ministre bloque parce qu’elle aime le chauffage au bois dont on sait pourtant qu’il pollue aussi.

Bref, ce n’est pas gagné

Non. A la décharge des responsables politiques, le logement est vraiment un problème difficile à résoudre. Depuis 30 ans, il y a eu dix millions de logements en plus et sept millions de ménages à loger en plus. La difficulté est que les logements en plus ne sont pas aux bons endroits et inversement.

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