Les Français n’ont pas de simulateur pour estimer leur future retraite à points, mais les entreprises, elles, auront le leur dès aujourd’hui. Ce simulateur leur permettra de calculer leur taux de cotisation-chômage. C’est le fameux bonus-malus de la réforme de l’assurance-chômage.

Il sera calculé pour chaque entreprise en fonction du taux de rupture de contrats donnant lieu à une inscription à Pôle Emploi. En clair, les entreprises qui utilisent beaucoup de contrats courts seront pénalisées. Elles paieront un taux de cotisation qui pourra aller jusqu’à 5% du salaire de leurs employés. Et celles qui emploient des CDI, verront leurs cotisations baisser, jusqu’à 3% du salaire. 

Alors attention, d’abord, ce n’est pour tout de suite : ce bonus-malus n’entrera en vigueur qu’en mars 2021. Ensuite, seules les entreprises de plus de dix salariés dans sept secteurs seulement sont concernées. Parmi eux, l’agro-alimentaire, le transport, les entrepôts, l’hébergement et la restauration. Ces secteurs représentent à eux seuls un tiers des allers-retours entre employeurs et Pôle emploi. Mais la question se pose : si cette réforme est bonne, pourquoi ne pas l’appliquer à tout le monde ? Et bien parce que le patronat y voit une usine à gaz, pour ne pas dire une véritable aberration économique. 

Les entreprises vont-elles vraiment être pénalisées ? 

Oui, mais il n’y a rien d’aberrant là-dedans. Des personnes en CDD travaillent quelques semaines dans une entreprise. A la fin de leur contrat, ces personnes s'inscrivent à Pôle emploi, touchent leurs allocations-chômage puis reviennent travailler pour le même employeur. C'est devenu pour certaines entreprises, un mode de gestion. Aujourd’hui, la collectivité finance donc les creux d’activité de ces entreprises. Ces allers-retours coûtent deux milliards d'euros par an.

Et les secteurs gros utilisateurs de CDD, comme l’audiovisuel, sont épargnés. Enfin, les chômeurs vont être aussi appelés à mettre la main à la pâte. Alors que 37 % des chômeurs sont pauvres, les conditions d’indemnisation vont nettement se durcir dès avril prochain. Et cela, un an avant l’entrée en vigueur du bonus-malus. On est donc loin du déséquilibre dénoncé par le Medef.   

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.