Vous avez des éléments pour dire comment va évoluer le prix de l’essence cette année ?

Ne nous emballons pas, mais oui, le rapport annuel de l’Agence Internationale de l’Energie publié hier donne des éléments de réponse. Et on y lit que le prix du pétrole devrait rester bas cette année sûrement, l’an prochain probablement et peut-être même ensuite – sauf événement géopolitique majeur. Pourquoi ? C’est tout simplement la vieille loi de l’offre et de la demande. L’offre, autour de 100 millions de barils de production par jour, est supérieure à la demande.La raison c'est que les Etats-Unis sont devenus le premier producteur de pétrole au monde avec les schistes, il faut réviser ses classiques, devant la Russie et, en troisième seulement, l’Arabie saoudite – puis le Canada, la Chine et l’Irak. Les saoudiens pensaient casser le pétrole américain, ils n’ont pas réussi. Echec et mat ! Du coup, deuxième élément, la géographie du pétrole a changé et, tournant stratégique majeur, l’OPEP ne fait plus la loi comme elle l’a fait entre 1974 et 2014. Ajoutons enfin qu’on découvre sans cesse du pétrole plus profond.

Tout cela cache d'autres grandes tendances....

La consommation et la production de pétrole continuent d’augmenter chaque année, sauf en Europe où les économies d’énergie sont efficaces. Dans deux ans, on consommera plus de pétrole en Chine qu’en Europe. Tout cela n’est pas bon pour l’environnement. Mais heureusement, le coût de production des énergies alternatives baisse lui aussi rapidement. Et surprise, la Chine est le 1er marché mondial pour les voitures électriques. Quid du prix de l’essence donc ? Le gazole est à 1,02 euro, le sans plomb 95 à 1,23 le litre, ils devraient rester à des niveaux plutôt bas. Les citadins s’inquiètent –et ils ont raison- de la pollution, mais n’oublions pas que des prix bas, c’est une bonne nouvelle pour ceux qui parcourent de grandes distances en région. Naturellement, le prix des carburants serait encore moins élevé si l’euro n’avait pas baissé en même temps et si les taxes ne représentaient pas la quasi-totalité du prix à la pompe. Faut-il croire ces prévisions ? En 2008, Goldman Sachs prévoyait un baril à 200 dollars trois mois avant qu’il plonge à 40 – il est aujourd’hui à 33. Mais j’espère que vous me taperez sur les doigts si je me trompe.

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