Le groupe automobile PSA a présenté ses résultats il y a quelques minutes. Et ils sont bons.

Oui, ses résultats sont bons comme étaient bons ceux dévoilés il y a deux semaines par Renault. L’automobile française repart de l’avant et on ne peut que s’en réjouir. Mais la particularité du redressement de PSA est que c’est un redressement rapide. Il y a trois ans, le groupe a dû être renfloué, il a fallu faire entrer des Chinois au chéquier bien lesté. Ce matin, Carlos Tavares, le patron, annonce un bénéfice de 1,7 milliards d’euros, en hausse de 92% et un chiffre d’affaires de 54 milliards d’euros. Il a vendu plus de trois millions de voitures l’an dernier. Chaque salarié aura une prime d’intéressement de 2.000 euros et les actionnaires, pour la première fois depuis 2011, toucheront des dividendes. Bref, la stratégie de chasse aux coûts a payé et l’entreprise va opérer un autre virage stratégique, elle se prépare à un monde sans diesel, diesel qui a été au cœur du modèle de Peugeot Citroën. Les dirigeants le disent : le diesel d’aujourd’hui pollue peu, mais puisque les clients et les politiques ne veulent plus de diesel, tant pis pour le diesel. Vive l’essence, l’électrique et l’hybride. C’est un tournant.

En saura-t-on davantage aujourd’hui sur le rachat d’Opel ?

Non. Il n’y aura pas, au cours de la conférence de presse qui va démarrer à 8 heures, d’annonce d’un accord déjà conclu. Mais cet accord, en réalité, ne fait pas de doute. Le gouvernement allemand, les syndicats allemands, l’actionnaire actuel General Motors, Bercy, sont partants, le prix de cette acquisition ne semble pas devoir faire des difficultés. Alors PSA voit dans ce rachat la naissance d’un Airbus de l’automobile. C’est excessif puisque c’est un rachat à 100%, pas une coopération franco-allemande. Mais ce serait un succès tricolore en Allemagne. A condition que Carlos Tavares redresse Opel comme PSA a été relevé puisque Opel fait de lourdes pertes. Le moyen technique sera, là encore, de baisser les coûts : il y a quelques centaines d’euros de différence entre la fabrication d’une 208 et d’une Opel Corsa. Mais le vrai secret sera sans doute de conserver son caractère allemand à la marque Opel parce que la qualité allemande reste une référence. Un Français pour muscler la Deutsche Qualitat, c’est un pied de nez à l’histoire automobile.

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