Lanvin, la plus vieille maison de couture en France : est-ce une bonne nouvelle, ou la perte d’un fleuron ?

Figurez-vous que la maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré était déjà chinoise. La propriétaire précédente est une femme d’affaires taïwanaise, qui a beaucoup fait pour la marque en recrutant le styliste Alber Elbaz. 

Et ce styliste a rajeuni une image chic mais un peu vieillotte, ambiance nœuds, rubans, Arpège et bleu Lanvin. Il est resté 14 ans aux affaires.

Hélàs, la situation financière s’est dégradée. En 2016, les ventes ont dégringolé de plus de 20%, avec 18 millions de pertes. Ca devenait intenable.

C’est là que Fosun arrive sur son grand cheval blanc. On les connaît bien en France, ces Chinois, car ils ont pris le contrôle du Club Méditerranée en 2015. Ils ont sorti le groupe de la Bourse et donné un coup d’accélérateur aux villages haut de gamme, dans le monde entier. Les comptes du Clubmed sont revenus dans le vert depuis 2016. 

Cet investissement chinois dans Lanvin repose tout de même la question de l’ouverture du marché français 

Les Chinois nous aiment. Ils achètent nos châteaux, nos usines de lait, nos vignobles. Ils sont chez PSA, dans la cristallerie Baccarat, la margarine Saint-Hubert. Du luxe, de la terre, et quelques babioles. Pour eux, qui découvrent le superflu, qui ont le marché mais pas les produits, c’est magnifique, on a tout en stock. Vive la société de consommation.

Vous vous demandez quelle est la part d’amour véritable dans tout cela ? Eh bien Emmanuel Macron aussi. Parce qu’à Pékin, en janvier, il a mis en garde ses amis chinois contre les « investissements de pillage ». Le décret Montebourg de 2014 va être élargi, pour donner à Bercy un droit de regard sur un plus grand nombre de rachats étrangers.

Tant mieux, car l’Europe est d’un grand angélisme sur l’ouverture des frontières. A l’inverse, la Chine verrouille son marché et répand une forme de capitalisme opaque. Surtout, il y a le réarmement capitalistique des Etats-Unis. Avec sa réforme fiscale, Trump va permettre à ses multinationales de rapatrier des centaines de milliards de dollars. Ils pourront acheter nos fleurons à tours de bras. 

Alors faisons en sorte qu’avec les investisseurs étrangers, l’amour soit toujours partagé.

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