Après le manque de masques et de blouses l’an dernier, un nouveau risque de pénurie inquiète les hôpitaux… L’objet crucial est un petit cône bleu, cette pointe des pipettes si précieuse pour la moindre analyse. Elle comporte un filtre pour les tests PCR, dont la demande mondiale a été multipliée par dix.

Bientôt une pénurie de plastique à l'hôpital ?
Bientôt une pénurie de plastique à l'hôpital ? © Getty / Sven Hoppe/picture alliance

C’est plus inattendu, mais on risque de manquer des pièces plastiques nécessaires aux tests PCR. Ce sont les Hôpitaux de Paris, dont le directeur Martin Hirsch était à ce micro hier, qui ont lancé l’alerte ces derniers jours. Et les difficultés commencent à gagner tous les laboratoires. 

Cela tombe très mal alors que le gouvernement veut multiplier les tests dans les écoles après les vacances de février. L’objet crucial, soyons précis, c’est un petit cône bleu, cette pointe des pipettes si précieuse pour la moindre analyse. Elle comporte un filtre pour les tests PCR, dont la demande mondiale a été multipliée par dix. Et les plasturgistes n’arrivent plus à suivre.

Mais pourquoi la pénurie survient-elle maintenant ?

Alors, il y a plusieurs problèmes. D’abord, on manque de moules pour produire ces cônes. Sur ce point, le gouvernement ne découvre pas le sujet. Dès l’été dernier, des projets d’investissements dans de nouvelles machines ont été sélectionnés, obtenant le soutien de l’Etat. Exemple, dans le Jura avec l’entreprise Gilson, ou encore dans l’Ain avec les PME Rovipharm et Agilent. On va donc produire plus, mais cela va prendre du temps.

Et puis surtout, il se rajoute une pénurie de matière première – le polypropylène – indispensable dans le monde de la santé mais pas seulement. On a donc des producteurs dont les moules restent vides ! Les raisons ? La reprise asiatique qui dope la demande de plastiques, et une succession d’incidents industriels, qui ont stoppé des usines dont celles de Total et d’Ineos en France. La vague de froid au Texas, où tous les grands du secteur sont présents, accroît encore les tensions.

Que peut faire dès lors le gouvernement ? 

Du côté du ministère de la Santé, on suit l’évolution des stocks comme le lait sur le feu, et on s’attache à répartir au mieux les réserves, via le centre national de crise. Pas question de revivre les pénuries, et les polémiques, de l’an dernier. A Bercy, on s’emploie aussi à sécuriser les promesses d’approvisionnement des industriels, quitte à importer davantage. 

Mais on reconnaît aussi qu’il va falloir faire des choix : en clair, priorité est donnée aux tests PCR, et plus généralement à toutes les pièces plastiques liées au Covid. Ne soyez donc pas surpris si, à l’avenir, un laboratoire vous demande de différer des analyses.     

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