Vous revenez sur la rencontre organisée hier à Versailles, qui s’est déroulée … à 100 % in english.

Cette antenne a déjà beaucoup évoqué les annonces économiques de Versailles. Il est intéressant, je crois, de noter aussi que la langue choisie pour cette journée, l’anglais à 100 %, a suscité finalement peu de critiques, que c’est tant mieux mais que là aussi c’est significatif. Il y a dix ans, nous aurions eu un débat public, avec Alain Finkielkraut, l’Académie française et des partis politiques pour crier au scandale, au crime de lèse-majesté contre le français. 

Si ce nouveau « En même temps » macronien -le Versailles du Grand Siècle et l’anglais- fait sourire, c’est un signe du pragmatisme qui touche beaucoup de sujets aujourd’hui, un élément de plus de la dés-idéologisation de la société française qui répond à une logique simple : il vaut mieux parler aux gens dans la langue que comprennent les patrons de Google, Samsung ou Goldman Sachs. L’anglais est la langue de l'économie, la France ne peut pas être un des seuls pays où on se perche sur ses ergots francophones quand cela n'apporte rien. 

En vérité, il n’est plus possible aujourd'hui d’avoir des responsables politiques de premier plan ou des ministres à des postes dont le champs est international qui maîtrisent mal la langue de Shakespeare. 

Pour l’anecdote, j’ai demandé à un participant aux réunions à huis-clos d’hier de noter le niveau d’anglais. Résultat : Muriel Pénicaud, 6 sur 10, Tony Estanguet, 6,5, Bruno Le Maire, 7 sur 10 et Edouard Philippe 8/10 ! Dans les équipes précédentes, il y avait, paraît-il, pas mal de notes sous la moyenne...

Mais la politique n’est jamais loin, y compris là

Eh non ! S’ afficher à l’aise en anglais, c’est une manière pour Macron de faire rupture avec ses prédécesseurs, et d'abord François Hollande. Interdire aux caméras d’entrer à Versailles mais les accueillir à bras ouverts chez Toyota à Onnaing, c’est choisir l'image d’un président parlant à des ouvriers plutôt que celle d'un dialogue avec l’élite mondiale dans une langue que tout le monde ne comprend pas. 

En tout état de cause, une chose est frappante malgré le coup de chapeau donné à ce président rafraîchissant qui rééditera ce rendez-vous chaque année : depuis son élection, il a répondu à davantage d’interviews télévisés en anglais (BBC, CNN etc.) qu’en français et cela n’est pas normal. 

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