Le rapport CAP 2022 qui doit permettre au gouvernement d’économiser 30 milliards d’euros a fuité vendredi.

Avec 30 milliards en jeu, certaines idées vont choquer, c’est inévitable.

Parmi les propositions, il y a la fin de l’universalité des allocations familiales ; une baisse des aides au logement pour les étudiants ; des péages urbains à l’entrée des grandes villes. Les experts de CAP 2022 veulent aussi créer un nouveau corps d’enseignants avec des obligations supplémentaires. Ils souhaitent faire disparaître le cash, en commençant par les pièces de 1 et 2 centimes. Et puis supprimer les chèques et les espèces dans tous les versements sociaux et fiscaux d’ici deux ans. 

Bref, c’est du sérieux. Bien sûr, l’opinion a d’autres chats à fouetter en pleine affaire Benalla, ce qui fait que ces propositions d’économies tombent un peu à plat. C’est sans doute mieux comme ça aux yeux de Matignon. Au printemps, les premières conclusions du Comité action publique 2022 avaient donné des sueurs froides à l’exécutif. Trop audacieux. Trop vite, trop loin. A tel point que la publication avait été reportée. C’est un syndicat, Solidaires Finances publiques, qui a mis en ligne le rapport, ce vendredi. 

Mais est-ce que le gouvernement compte les faire, ces économies ? 

Celles-là ou d’autres, oui, il aimerait bien y arriver ! Emmanuel Macron veut faire baisser la dépense publique, pour créer un électrochoc, pour montrer que c’est possible. Il a promis 60 milliards d’économies durant le quinquennat.

Mais on a bien du mal à voir comment cela va se passer. Au fur et à mesure, les tabous se multiplient. Un exemple. La suppression des allocations familiales pour les ménages aisés. C’était plus ou moins sur les rails jusqu’à ce qu’un rapport parlementaire aille beaucoup trop loin, en touchant carrément au quotient familial. Résultat, marche arrière de la ministre sur les allocations. 

De la même façon, on réforme les retraites mais on s’interdit de toucher aux pensions de réversion ; on veut remettre à plat les aides sociales, finalement sans remodeler la prime d’activité.

C’est difficile de faire des économies. D’autant plus que dans la liste des réformes à mener, il y a aussi des dépenses supplémentaires. En septembre, on attend un plan pauvreté et un plan santé : le moment serait très mal choisi pour faire des économies. 

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