Boris Johnson va être choisi aujourd’hui Premier ministre du Royaume-Uni. Quel est son programme économique ?

Boris Johnson
Boris Johnson © AFP / Boris Johnson

Il veut tout faire à la fois. 

  • D’abord, être libéral, au sens classique du terme, en abaissant les impôts sur les plus riches, en gardant les frontières grandes ouvertes, peut-être même en relâchant les contraintes sur l’immigration. 
  • Ensuite, il veut être social, en relevant notamment le SMIC britannique. 
  • Enfin, il entend aussi être interventionniste, en lançant un grand plan d’investissement dans l’internet à haut débit et dans les infrastructures publiques - ce qui n’est pas un luxe quand on voit l’état des routes et des lignes ferroviaires britanniques.

Pourra-t-il faire tout ça à la fois ?

Cela dépendra du Brexit. Bruxelles a donné jusqu’au 31 octobre aux Britanniques pour sortir de l’Union européenne, avec ou sans accord. Ce qui signifie que Boris Johnson a exactement cent jours pour préciser enfin ce que va être ce fameux Brexit, voté par les Britanniques il y a déjà plus de mille jours. 

Contrairement au Premier ministre sortant Theresa May, il a milité ardemment pour que le Royaume-Uni quitte l’Union. 

Il se dit prêt à un « no deal Brexit », une sortie brutale sans accord avec l’Europe, mais les députés ont rappelé la semaine dernière qu’ils devraient absolument être consultés avant pareille décision. 

Or, la façon dont se fera la sortie déterminera largement les marges de manœuvres économiques du nouveau gouvernement, même si l’équipe sortante lui laisse une cagnotte budgétaire de 25 milliards de livres, près de 30 milliards d’euros.

L’arrivée de Boris Johnson ne va donc pas lever les incertitudes… 

Londres va même rester pendant encore des mois dans un épais brouillard...

  • Le brouillard du Brexit
  • Le brouillard aussi des relations entre le Premier ministre et l’économie en général. 

Il y a un an, quand les chefs d’entreprise avaient exprimé leur crainte d’un Brexit dur, Johnson leur avait répondu « Fuck business », une expression que ma mère m’a autorisé à traduire « Que les entreprises aillent se faire voir ». 

Depuis, il rame dans l’autre sens, il fait les yeux doux aux financiers de la City, qui redoutent un impact très négatif du Brexit sur les investissements. 

On raconte même à Londres que le successeur de Thersa May prépare une botte secrète. Il envisagerait de faire de la Grande-Bretagne un immense Singapour avec une fiscalité très, très douce aux portes de l’Europe. 

Si vous avez aimé les délires de Trump, vous allez adorer les excentricités de Johnson. 

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