D’un point de vue économique, il faut espérer que Londres reste dans l’Union.

Certes, l’argument économique est délicat et je vous raconte une anecdote. A la télévision dimanche, à la BBC, David Cameron est en train de décrire les effets apocalyptiques (selon lui) du Brexit sur le plan économique et financier, invoquant des études, britanniques, internationales. C'est alors qu'un auditeur dans le public l’interrompt et lui lance : OK, mais alors pourquoi, si ce serait si grave, vous l’avez fait, alors, ce référendum ? Bredouillement de Cameron. Quand par ailleurs l’OCDE dit que le Brexit coûtera 2.900 euros à chaque Britannique, on se pince, pourquoi pas 2.923 ? C’est ridicule. L’argument économique n’est donc pas le meilleur.

Pourtant, nous en France, on peut dire plusieurs choses.

1- Le Brexit ouvrirait une longue période d’incertitudes et de stress économique et après la crise de 2008 puis l’interminable crise grecque, on n’en a pas besoin. 2- les Britanniques apportent une vision anglo-saxonne de l’économie qui a moultes défauts mais difficile de nier son efficacité. J’ose dire libérale. 3- La victoire du Brexit, ce serait en partie la victoire de la démagogie la plus honteuse, quand ses partisans répètent que 60% de la législation vient de Bruxelles –ce qui est bien sûr faux.

Mais cette campagne, quelque qu’en soit l’issue, est instructive.

Dans certains pays, c'est la crise, le chômage, la mondialisation, qui éloignent de l'Europe -même si elle n'est pas responsable. Mais pourquoi le débat sur l’Europe est-il si violent aussi dans des pays où le chômage est à 5%, Grande-Bretagne, Autriche, Danemark ? Parce que ce que les peuples attendent de l'Europe a changé. Longtemps, ils ont attendu de la liberté, de circulation par exemple, et du pouvoir d’achat lié à la concurrence et au marché intérieur. Et cette Europe, oui, a amélioré le niveau de vie de la majorité des Européens. Mais aujourd’hui, c'est une autre priorité qui a surgi, ce n'est plus le niveau de vie, c'est la préservation du style de vie avec la crainte que l'immigration y compris européenne le menace. C'est de la protection qui est attendue.

Conclusion ?

Quel que soit le résultat britannique, l'Europe devra revoir ses règles économiques ou sur le marché unique ou sur la liberté de circulation des hommes.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.