Michelin a annoncé hier une réorganisation mondiale et 1.500 suppressions de postes en France.

Et on sent que la communication de l’entreprise marche sur des œufs. D’abord parce que 1.500 postes d’ici 2021 sur les 22.000 actuels, ce n’est pas rien. Ensuite, on se souvient qu’une réduction d’effectifs chez le fabriquant de pneumatiques, en 1999, avait déclenché un tohu-bohu politique quand Lionel Jospin avait déclaré : l’État ne peut pas tout. C’était une évidence, mais qui avait coûté cher dans un climat où chacun fait semblant d’oublier que les bénéfices permettent d’investir avant même de rémunérer les actionnaires. Michelin fait donc attention et insiste : il y aura zéro départ contraint, les effectifs baisseront par non-remplacement de départs en retraite et départs volontaires. Sans licenciement. Du coup, le sujet se déplace du terrain social à l’économique. Pourquoi le nombre de salariés baisse-il inexorablement dans les grandes entreprises industrielles ? Réponse : parce qu’elles réalisent des gains de productivité permanents, en améliorant l’efficacité de leur production – automatisation, digitalisation etc.- au service des clients. Michelin, 113.000 salariés dans le monde, est le numéro 2 de son secteur derrière le Japonais Bridgestone, et devant l’Américain Goodyear, l’Allemand Continental et l’Italien Pirelli. Mais les Chinois sont en embuscade.

Quelles raisons particulières à la réorganisation ?

Michelin met en avant deux éléments qui concernent beaucoup d’entreprises en ce moment. On simplifie les organigrammes, moins d’échelons hiérarchiques, davantage d’autonomie au terrain, c’est ce que souhaitent les jeunes et pas seulement les ingénieurs. Concrètement, il n’y aura plus que quatre niveaux hiérarchiques entre un directeur d’usine et Jean-Dominique Sénard, le PDG, contre sept aujourd’hui. Concrètement, le nombre de reportings mensuels va passer de 500 à 250. La baisse des effectifs va toucher les cadres et des agents de maîtrise, pas les ouvriers. Les syndicats vont-ils être vent debout ? On verra, c’est possible, mais ce n’est pas sûr parce que la direction actuelle a mis en place une stratégie de concertation à grande échelle ces dernières années, qui a permis de signer plusieurs accords. En attendant, Michelin reste la seule grande entreprise du CAC française (avec Airbus) dont le siège n’est pas à Paris mais dans une grande ville régionale, en l’occurrence Clermond-Ferrand.

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