Ce matin, les nominations du nouveau pouvoir : de l’ouverture à l’esprit d’ouverture. Ce lancement n’est peut-être pas très clair mais vous allez voir : il est limpide comme l’eau à Cannes ! A chaque fois qu’un nouveau pouvoir s’installe, il est confronté à une exigence et à une question. L’exigence, c’est de trouver très vite des talents pour peupler les cabinets ministériels, c’est de procéder à des nominations à des postes clés, dans la fonction publique, la police, à la tête d’entreprises. Mais la question, c’est celle de l’avenir des hauts fonctionnaires sortants, ceux qui ont servi l’équipe battue, en l’occurrence Nicolas Sarkozy. Car il y a les collaborateurs politiques de l’ancien pouvoir, mais aussi des personnalités dont les capacités sont utiles – notamment dans la sphère économique. Eh bien, François Hollande a une occasion d’apporter la preuve de la République apaisée promise pendant la campagne.Concrètement, à quoi pensez-vous ? Ce matin au conseil des ministres, (sauf imprévu) le directeur général de la Police et celui du Renseignement intérieur seront débarqués. Rien de scandaleux en dépit des cris que poussera l’UMP : ces proches de Nicolas Sarkozy ne pouvaient pas travailler en confiance avec le nouveau pouvoir dans des postes ultra-sensibles. En revanche, il semble bien que le gouvernement ne soit pas prêt à faire de cadeau à l’ancien secrétaire général de l’Elysée, Xavier Musca – pourtant le seul nom évoqué par Nicolas Sarkozy avec son successeur. Ancien directeur du Trésor, négociateur connu de tous les chefs d’Etat de la zone euro et de la planète, produit de la méritocratie républicaine, Xavier Musca aurait pu être nommé à la tête de la Caisse des dépôts en janvier et il aurait été indéboulonnable. Pour éviter la polémique, il y avait renoncé. Hier, l’arrivée de l’ex « dir-cab » de François Fillon à la Caisse nationale de Prévoyance a été commenté dans le microcosme comme voulant dire : pour les fleurs, c’est fini. Et donc, fin juin, Jean-Pierre Jouyet, ami de François Hollande, sera nommé à la Caisse des dépôts. Il sera proposé à Xavier Musca de lui succéder à l’Autorité des Marchés financiers. Mais celui-ci refusera le poste eu égard à son parcours et ses appétences, plus macro-économiques que boursières. La Bourse, ce n’est pas son truc ! Il faut savoir que les ex-directeurs du Trésor ont été patrons du FMI, de la BERD ou de la Banque de France.Le gouvernement devrait donc respecter une tradition ? Oui. Trouver un vrai point de chute utile au pays et écarter la chasse aux sorcières. On parle de Musca, c’est un cas, mais il y en a d’autres. Le gouvernement devrait aussi se souvenir que la droite a été généreuse avec la gauche. Didier Migaud à la Cour des Comptes, DSK au FMI, Jean Bassères à Pôle Emploi, Guillaume Pépy à la SNCF, Benoît Coeuré à la Banque centrale européenne, Martin Hirsch et Jean-Pierre Jouyet. En 2012, on l’a compris, il n’est pas question d’ouverture politique ; mais d’être ouvert, pas être sectaire.

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