Ce matin : la triste histoire de l’équipementier automobile de la Creuse GM&S.

Oui, il y aura une audience décisive aujourd’hui au tribunal de commerce de Poitiers qui décidera si l’entreprise de La Souterraine doit être liquidée ou si la période de redressement judiciaire peut être prolongée dans l’attente de repreneurs. Les 377 salariés qui usinent des pièces automobiles -cela s’appelle de l’emboutissage-, attendent la décision et Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l’Economie, a obtenu ce week-end un sursis en passant un coup de fil à Carlos Ghosn et Carlos Tavares, les patrons de Renault et PSA qui ont accepté de relever leurs commandes à l’entreprise. C’est de bonne politique, rien à redire, les sommes en jeu ne sont pas considérables. Mais la clé de la survie de l’entreprise ne peut être là. Parce que GM&S souffre d’autre chose : pas de montée en gamme, peu d’investissements depuis des années dans les machines, les robots par exemple, peu de diversifications géographique ou sectorielle. La vie de ce que l’on appelle les sous-traitants de second rang est dure, mais ils ne peuvent pas s’en tirer s’ils n’investissent pas en permanence. Valéo, Plastic Omnium et Faurecia étaient les clients de l’entreprise GM&S, ils sont partis il y a quelques années.

Pourquoi cette situation ?

La société, née en 1963, est passée depuis trente ans de mains en mains, il n’y a pas d’actionnariat stable et donc pas de stratégie de long terme. Au début, c’est une entreprise familiale, la Socomec, revendue à un bureau d’études parisien puis à un industriel, puis à un groupe britannique, puis à un cadre irlandais, puis à un groupe allemand, puis retour à un groupe français -Altia- en 2009 qui fait faillite. En 2014, c’est un italien, Gianpiero Colla, qui rachète l’entreprise pour … 3 euros et lui donne son nom actuel, GM&S. Au fil des ans, le chiffre d’affaires a été divisé par deux, le nombre de salariés quasiment aussi. Au fond, c’est de l’aberration managériale, un capitalisme désincarné qui doit être montré du doigt. Mais immédiatement, une question soit être posée : pourquoi l’entreprise a-t-elle appartenu la plupart du temps ces dernières années à un actionnariat étranger et non pas à des capitaux tricolores ? Frilosité, manque de capitaux familiaux découragés ? On pose la question, on n’a pas la réponse, mais on aimerait l’avoir et dès qu’on l’aura on viendra la donner à ce micro.

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