Ce matin : Donald Trump ou les limites du deal-maker – ou de la méthode camelot en français.

Ce n’est pas la traduction exacte, mais c’est le sens. Depuis des mois, le président américain se vante d’être capable, par le coup de gueule, la menace, les cajoleries aussi, d’obtenir de bons accords pour rééquilibrer les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde. 

Depuis hier, nous avons sous les yeux un exemple concret de cette méthode. Pékin a annoncé une baisse de 25 à 15 % des droits de douane sur ses importations de voitures. C’est ce que demandait, entre autres, Washington, qui négocie aussi d'expédier davantage de soja, par exemple, vers l'Empire du Milieu. En échange, les Etats-Unis lèvent des sanctions qui visaient les produits chinois et vont autoriser à nouveau leurs entreprises à vendre des logiciels à au gros équipementier chinois ZTE qui sans cela fait faillite. 

Un bon deal, alors ? Pas tout à fait. Quand on regarde les choses, ce sont les constructeurs de voitures de luxe qui vont profiter du geste commercial, et ils sont, ces constructeurs, … surtout allemand, BMW et Mercedes, qui fabriquent ces objets du désir en Allemagne ou aux Etats-Unis, et Japonais avec Toyota. Donc, en définitive la mesure n’est pas très intéressante pour les Etats-Unis, même si elle fait son effet. 

Cela ne veut pas dire que la fermeté ne mène à rien et n’est pas nécessaire,  mais les effets de manche sont à prendre avec des pincettes.

La Chine ne s’en tire pas trop mal

Un début de compromis a été conclu entre Pékin et Washington, et la presse américaine estime que c’est Pékin qui y gagne, sans doute parce que Trump a besoin de Pékin sur la Corée du Nord. Cette presse américaine étant hostile à Trump, elle n’est pas crédible -diront certains. 

En revanche, deux choses sont sûres. 

- Un : la décision sur l’Iran oblige le français Total à quitter le pays, et c’est le chinois partenaire dans un gros contrat sur les hydrocarbures qui va récupérer le marché. 

- Deux : Angela Merkel dont la Chine est le 1er partenaire commercial au monde part à Pékin demain pour faire un front anti-Trump et défendre le libre-échange. Pendant ce temps, les négociations entre l’Europe et les Etats-Unis, elles, semblent au point mort.

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