Jusqu’à maintenant, les attentats n’ont pas eu de conséquences économiques...

Il y a une sorte de routine terrible qui s’installe quand pour la troisième fois depuis les premiers attentats de janvier, on se pose cette question des conséquences économiques. Cette question pourrait être indécente, pourtant elle ne l’est pas. Pourquoi ? Parce que les terroristes veulent semer l’effroi, et ils sèment l’effroi et la mort, mais ils veulent aussi rendre vulnérables, au-delà des victimes directes, les vies de chacun d’entre nous, les vies ordinaires, les vies de travail et de loisirs. Ils détestent le système dans lequel nous vivons et attendent que la spirale patriotisme-répression-protectionnisme stoppe la liberté de circuler et d’échanger. Ce n’est pas pour rien que les attentats frappent des lieux fréquentés et, hier, les lieux de circulation par excellence que sont un aéroport et le métro. Et encore moins un hasard que cela soit la capitale de l'Europe qui ait été visée. Tout cela, vont ils le réussir ? Pour l’instant, la réponse est non - en tous cas si on parle de l’économie et contrairement à ce que l’on pouvait craindre.

Concrètement ? Concrètement, après janvier 2015, il n’y a pas eu d’effet économique en France, en tous cas macro-économique. La croissance du premier trimestre a même atteint un niveau élevé ; après le 13 novembre, il y a un petit tassement par rapport aux prévisions, lié au recul de l’activité hôtelière et touristique. Mais cela a été globalement marginal même si cela a été sectoriellement difficile. A Paris, la fréquentation touristique a chuté de 18% en décembre et le taux d’occupation des chambres d’hôtels a même plongé de 29% à Noël. Les économistes s’attendaient à ce que le terrain soit récupéré d’ici juin, notamment avec l’Euro 2016.

Mais la donne va peut-être changer. Même s'il faut rappeler que les capitales ne concentrent qu'une part minoritaire de l'activité économique, l’effet répétition va forcément commencer à produire ses effets après les événements de Bruxelles, notamment dans les transports et les aéroports. Les dirigeants d'entreprise dans des secteurs stratégiques (eau potable, énergie, chimie, sites Seveso etc.) souhaitent que la sécurité soit renforcée et, pour certains, que des moyens de protection leur soient confiés, par exemple l'accès aux fiches S pour identifier les salariés à risque. L'économie n'est pas tout mais elle ne doit pas être le maillon faible.

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