Les créations de postes ne sont pas ou ne sont plus la priorité des enseignants et des personnels de l’éducation nationale.

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est un syndicat, l’Unsa éducation, qui a publié hier sa grande enquête annuelle, enquête à laquelle ont répondu 31.000 personnes du système éducatif – çà n’est pas rien. On y apprend bien sûr des choses (disons) classiques : le mécontentement est important sur la politique du gouvernement depuis cinq ans et aussi sur l’évolution du pouvoir d’achat. Bon. Mais ce qui est vraiment intéressant concerne les priorités souhaitées pour les prochaines années pour la réussite des jeunes. Et là, effectivement surprise, les créations de postes arrivent à la troisième marche seulement du podium, loin loin derrière l’envie de changement dans les pratiques pédagogiques et, surtout, médaille d’or, le désir d’une évolution du management dans le système éducatif. Autrement dit, l’attente principale concerne l’organisation de la machine Éducation nationale et -appelons un chat un chat- les ressources humaines. Le message est limpide : la rue de Grenelle ne peut plus tout décider et piloter d’en haut un million de personnes dont 800.000 enseignants, elle doit laisser le terrain respirer. Ce malaise et ce besoin de réforme sont profonds, à tel point qu’un quart de ces enseignants répondants se disent prêts à quitter leur emploi pour aller travailler où ? Vous allez sursauter : dans le secteur privé.

C’est un message pour la présidentielle ?

Oui et non. Cette enquête de l’Unsa, deuxième syndicat de l’Éducation, mérite d’être regardée de près. Certes, on imagine que les salariés qui sont proches d’autres syndicats -comme la FSU- y ont moins répondu. Mais elle a été faite pour une part importante auprès de non syndiqués. Et elle ne dit pas que les enseignants ne veulent pas de créations de postes (ils en veulent), elle dit que ce n’est pas forcément l’essentiel. Beaucoup de candidats promettent des postes nouveaux, parfois beaucoup. En revanche, ils sont moins nombreux à parler d’autonomie, de décentralisation et de reconnaissance dans les rémunérations de l’engagement individuel. Cette envie est commune à l’ensemble de la société, et au secteur privé aussi. La question posée est la suivante : faut-il attendre que le système change d’en haut ou peut-il changer à partir des expérimentations et des innovations du bas ?

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