La fin des voitures à moteur thermique aura lieu plus tôt que prévu : Bruxelles envisage 2035. Mais dans les faits, la norme Euro 7 poussera les constructeurs à faire des choix stratégiques rapidement. Le problème est que tout le monde parle des voitures neuves, mais la majorité des Français roule en occasion ...

Moteur thermique
Moteur thermique © Getty / Marin Tomas

LLa Commission européenne travaille à la préparation de la déclinaison de son Green Deal pour le secteur automobile, qui sera présentée en juin.  Jusqu’à présent, l’interdiction de la vente des voitures thermiques neuves a été fixée à 2040.

Selon toute probabilité, cette date sera avancée à 2035. 

A partir de cette date, seule la vente des véhicules 100% électriques, hybrides rechargeables et à hydrogène sera autorisée.

2035 serait un compromis entre deux camps : le Danemark, les Pays-Bas, l’Irlande, d'autres encore réclament le couperet dès 2030, comme d’ailleurs le Royaume-Uni à l'extérieur des 27 -ce sont tous des pays sans constructeurs auto ; d’autres pays dont la France sont toujours fixés sur 2040, ils pensent à leurs constructeurs qui doivent s’adapter. 

Comme toujours, la position allemande sera déterminante, mais une fois cela dit, les choses sont un peu plus complexes

Parce que Bruxelles prépare en parallèle la future norme Euro 7, sur les émissions de CO2, qui s’appliquerait vers 2025-2026. Personne ne l’a vraiment vue, mais elle pourrait être si drastique que les constructeurs ne pourraient tout simplement plus concevoir et vendre des voitures thermiques à des prix abordables. Bref, le bon vieux thermique connu depuis un siècle est sur la mauvaise pente. 

Mais les constructeurs, que disent-ils ? 

BMW ne vendra plus du tout de thermique pour sa gamme Mini en 2030. 

A cette date, Volvo ne vendra que des voitures 100% électriques. 

Chez Volkswagen, qui pèse un tiers du marché européen, 60% des ventes seront électriques à la fin de la décennie.

Quoi encore ? Renault a annoncé qu’en 2025, un tiers de ses modèles seront 100% électriques et un autre tiers hybrides.

Au total, je crois que cela va aller plus vite qu’on ne pense parce les constructeurs ont un choix à faire : devoir investir beaucoup pour du thermique presque sans CO2 ou investir beaucoup pour l’électrique, le tout à prix à un prix abordable. Renault commercialise la Dacia électrique depuis le week-end dernier – mais elle viendra de Chine !

Mais il y a un autre défi … Je vous parle des voitures neuves, qui concernent les acheteurs aisés et plutôt âgés. C’est l’évidence : Le basculement arrivera plus tard pour les autres, qui achètent de l’occasion. Or, la plupart des grandes villes vont interdire à partir de 2023 les diesels et, comme Paris, les essences en 2030. 

Que va-t-on dire à tous ceux qui ne peuvent pas acheter de l’électrique qui restera cher ? Garez-vous dans les banlieues ? Des Gilets Jaunes puissance dix.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter