**Le nouveau président d’EDF, Henri Proglio, prend ses fonctions aujourd’hui… Il remplace Pierre Gadonneix.C’est seulement le 15ème président de l’entreprise publique depuis 1946, c’est donc un événement. Le premier point est que la personnalité d’Henri Proglio est nouvelle dans le paysage d’EDF. A un poste où ont défilé des polytechniciens, des énarques, un ancien ministre, c’est la première fois qu’un diplômé de HEC, un «épicier» comme on dit, devient numéro un. C’est lié, Henri Proglio vient du secteur privé, Veolia, dont il a fait le leader mondial des services de l’eau et où il gardera d’ailleurs un strapontin. Surtout, il n’est pas du genre langue de bois. On vient de le voir avec des confidences musclées sur son rêve qu’EDF prenne la tête de la filière nucléaire française. Il a dit tout haut ce que pense Nicolas Sarkozy mais s’est fait recadrer pour la forme par Christine Lagarde. Commentaire de Pierre Gadonneix, le sortant : « Bienvenu au club », EDF l’entreprise la plus médiatisée de France ! Quels chantiers l’attendent ?A court terme, il faut rassurer les Français sur la capacité d’EDF à fournir de l’électricité en quantité suffisante. Pour la première fois depuis 27 ans, la France a dû importer de l’électricité en octobre parce que la disponibilité du parc nucléaire est faible, 78% au lieu de 90%. La faute à des pannes, à un manque d’investissements passé, à l’organisation du travail. Aujourd’hui, des coupures sont possibles en Bretagne, à Nice ! Avec Pierre Gadonneix, les investissements ont redécollé en France, c’est très positif, mais ils se verront en 2010 et il faut les payer. Pour l’instant, on voit les investissements à l’étranger, stratégiques - EDF est 1er en Angleterre, 2ème en Belgique et en Italie et 3ème en Allemagne -, mais onéreux. Le testament de Pierre Gadonneix est du coup qu’EDF ne pourra plus continuer à vendre aux Français un courant à un prix inférieur à son coût de production et que l’Etat devra augmenter les tarifs. Voilà pour le court terme. Et à moyen terme ?Sur le plan industriel, Henri Proglio reproche à EDF d’avoir un seul produit à son catalogue, l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération, qui a du retard à l’allumage en Finlande et à Flamanville. L’autre question est celle de l’organisation de la filière nucléaire et pas seulement à l’export. Entre Areva, EDF, Total, GDF Suez, cela fait beaucoup de Français qui travaillent parfois sur les mêmes choses. Pour le contrat d’Abbu Dhabi, cela a créé de la confusion, avec peut-être un échec au bout. La France a une réputation mondiale mais en face, la concurrence, le tandem General Electric – Hitachi, le tandem Siemens-Rosatom (russe), ne dort pas. Henri Proglio voudrait un seul patron, lui bien sûr, avec l’éclatement d’Areva. Il peut en rêver mais, encore une fois, ce sont des chimères si EDF est fragilisé en France. Et sur le plan social ?Rien ne garantit qu’Henri Proglio sera tranquille mais les salariés de toute la filière énergétique ont obtenu jeudi une hausse moyenne des salaires de 2,8% l’an prochain. Peu de salariés en France peuvent en dire autant !**

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