Le gouvernement va annoncer aujourd'hui des mesures financières de lutte contre le terrorisme.

C'est Michel Sapin, le ministre des Finances, qui en donnera le détail. En mars, après les attentats de Charlie et de l'Hyper Cacher, plusieurs mesures très visibles avaient déjà été prises. J'en rappelle deux très concrètes Un : tout paiement en liquide est devenu interdit au-delà de 1.000 euros contre 3.000 avant ; deux : les banques devront signaler à l'Etat, dès janvier, tout dépôt ou retrait d'argent liquide dépassant 10.000 euros par mois – en une ou plusieurs fois. Voilà ce qui avait été décidé pour repérer et gêner des individus dangereux. Cette fois-ci, l'accent sera mis, selon nos informations, sur l'interconnexion des fichiers. Tracfin, la cellule de Bercy qui lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, accédera au fichier des personnes recherchées (le FPR) et donc aux fameuses fiches S – celles des personnes susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique. Le fichier des antécédents judiciaires de la police et de la gendarmerie lui sera aussi ouvert ; La police judiciaire, elle, aura un accès direct au répertoire des comptes bancaires. Enfin, Tracfin pourra signaler aux banques les personnes suspectes pour que celles-ci les surveillent. Au total, c'est donc un arsenal renforcé, avec des dispositions sans doute réclamées par l'antiterrorisme.

C'est un changement important ?

C'est une étape de plus dans la marche, logique compte tenu des événements, pour obtenir le maximum d'informations. En France comme en Europe, le recueil d'informations fonctionne bien en aval, après un acte criminel, pour rassembler des preuves ; il est nécessaire d'améliorer l'amont, avant que des actes soient commis. Deux remarques. Un : le gouvernement a la fâcheuse quand même tendance à ré-annoncer les mêmes choses. Le plafond d'argent liquide, Jean-Marc Ayrault l'avait évoqué dès 2013. Au moins une des mesures d'aujourd'hui a déjà été annoncée en mars. Deux : si la sécurité est bien sûr la priorité, dans la mesure où ces dispositions ont un impact sur la liberté, il faut être absolument sûr qu’elles sont efficaces et nécessaires. Je vous suggère donc, Patrick, de demander son avis à votre invité de 8 h 20, l'ex juge anti-terroriste Marc Trévidic.

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