Ce matin : la nouvelle géographie mondiale du numérique.

Depuis le début de la semaine, il s’est passé un petit événement qui est en réalité significatif. L’équivalent chinois de Facebook, il s’appelle Tencent, a dépassé en bourse la valorisation, justement, de Facebook. 500 milliards de dollars. Tencent, c’est une entreprise qui développe la messagerie instantanée WeChat, utilisée par un milliard de Chinois chaque mois. Elle a aussi un jeu en ligne, L’honneur des rois, qui attire 50 millions de joueurs par jour. Sans oublier le paiement en ligne sur mobile, bien plus développé qu’ici. Bref, cette entreprise est un mastodonte technologique. aux côtés du moteur de recherche Baidu, du commerçant en ligne Alibaba et du fabricant de téléphones mobiles Xiaomi. Ce sont les quatre groupes BATX, Baidu-Alibaba-Tencent-Xiaomi, BATX comme il y a les GAFAM, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. Tous accumulent de la technologie, des données, travaillent sur l’intelligence artificielle. Des Chinois, des Américains : la nouvelle carte du numérique. 

Et où est l’Europe ?

Hélas, nulle part à ce niveau en tous cas. Il n’y a pas de plates-formes, de moteur de recherche, d’intelligence artificielle, de commerçant en ligne, de cette taille. Et pourtant, il y a dix ans, il y avait des acteurs comme Nokia qui avaient toutes les clés, il y avait la technologie GSM. En Europe, on trouve, notamment en France, d’excellents informaticiens formés à l’université ou en école, on trouve des start-up magnifiques. Mais qui pour l’instant ne franchissent pas le plafond de verre pour monter dans l'espace des très grands. Alors, pourquoi ? Certainement parce que la taille des marchés chinois et américain facilitent le développement. L’Europe, avec ses langues, sa recherche éclatée, ses réglementations, reste petite. Peut-être aussi parce que les Européens ont sous-estimé les révolutions que des technologies allaient produire dans l’ensemble de la vie et des sociétés. Nous pensons encore voitures et avions. Du coup, l’Europe se concentre sur les moyens de faire payer des impôts aux géants américains et demain chinois : c’est bien. Mais c’est un peu rageant si l’Europe reste une zone blanche numérique. Allez, l'espoir est que tous ces champions sont nés en quelques années et que la roue de la fortune tourne vite.

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